L’insécurité routière, le phénomène le plus dangereux

Si il y a de cela une dizaine d’années le mot insécurité rimait automatiquement avec Bouira, depuis peu, les différents services de sécurité chargés de protéger les biens et les personnes ont accompli un travail remarquable. Bouira, comparée aux wilayas limitrophes, notamment Tizi-Ouzou est devenue un havre de paix. Cependant, la Police judiciaire qui lors d’un point de presse, a communiqué les chiffres de criminalité, déplore néanmoins une incontestable recrudescence dans certaines affaires de crimes et délits. Toutefois les chiffres avancés par les hommes en bleu ne reflètent pas tout à fait la réalité, étant donné que leurs champs d’action se limitent uniquement aux zones urbaines. Pour avoir une idée réelle de la petite et moyenne délinquance ou des indices de criminalité à l’échelle de la wilaya, il faudrait prendre en considération l’ensemble des bilans établis par la police mais également ceux émanant de la Gendarmerie nationale dont le champ d’action est éminemment plus vaste que celui des policiers. Pour le premier semestre de l’année 2008, une seule tentative d’homicide a été enregistrée par la police. Il s’agit d’un ressortissant chinois qui aurait attenté à la vie d’un Algérien. Un cas de figure qui semble isolé si l’on se réfère aux annales criminelles de la wilaya de Bouira. Pourtant, hormis les actes terroristes ciblant les ressortissants étrangers, on ne peut clairement évoquer une hausse de la criminalité sur le territoire de la wilaya de Bouira.

Des terroristes, affaiblis par une traque incessante des services de sécurité et surtout le regain de vigilance de la part des citoyens, ont fait que peu à peu les sanguinaires qui écumaient la wilaya ont été mis hors d’état de nuire. Sur le registre des affaires liées aux crimes et délits, les éléments de la Police judiciaire ont procédé à l’arrestation de 411 personnes incriminées durant le premier semestre 2008, soit une hausse de 45% proportionnellement à 2007 pendant cette même période. Un accroissement également des personnes incriminées dans différentes affaires liées à la consommation et à la vente de stupéfiants. Près de 50% de plus que l’an passé durant le premier trimestre 2008. Dans d’autres localités éloignées du chef-lieu de wilaya, ce sont les vols pas effraction qui sont au hit parade des délits les plus fréquents. Dans la commune de Chorfa, les éléments de la brigade de gendarmerie sont souvent sollicités pour des vols de cheptel, comme ce fut le cas le mois dernier dans le village de Toghza où plusieurs têtes d’ovins et de caprins avaient été volés dans une étable durant la nuit. D’autres délits, pour le moins incongrus, viennent également s’ajouter au menu à l’exemple de portes métalliques de bâtiments inhabités qui ont été arrachées en pleine nuit. La vente de métaux étant un créneau plus que lucratif, les malfaiteurs sont devenus fournisseurs de personnes recyclant le fer.

C’est pour cela que dans la région d’Aghbalou, de nombreux chantiers ont été visités de nuit par des malfaiteurs qui ont emporté plusieurs rouleaux de ferraille servant à l’édification et à la réalisation des maisons attribués dans le cadre de l’habitat rural. Mais ce ne sont là que des délits mineurs. Sur un tout autre volet et pour illustrer clairement l’insécurité la plus flagrante que l’on retrouve au niveau de la wilaya de Bouira, il faut se pencher sur les chiffres des accidents de la circulation qui sont le théâtre quotidien de la RN 8 et de la tristement célèbre RN 5. Toujours durant le premier semestre de cette année, 136 accidents de la circulation ont engendrés des blessures à 156 personnes et causé la mort de trois autres. Une véritable hécatombe proportionnellement à la même période de l’année écoulée où seulement 108 accidents avaient été enregistrés. Les efforts déployés visant à restreindre le nombre de morts sur les routes doivent redoubler, notamment par le renforcement de radars et autres mesures préventives pour bannir l’insécurité routière qui règne sur l’ensemble du réseau routier de la wilaya de Bouira. Mais la sécurité routière est avant tout une question de civisme.

B. H.