Le tabagisme chez les mineurs : est-ce une fatalité ? C’est du moins l’interrogation qui revient avec persistance chez l’opinion publique. En effet, une petite enquête de proximité chez les moins de 18 ans nous a permis de nous renseigner sur l’ampleur et l’étendue du ravage que provoque le tabac dans ce milieu vulnérable. Aujourd’hui, il n’est un secret pour nul du commun des mortels, non seulement à Maâtkas ou dans les autres localités de la Kabylie mais à travers tout le territoire national, que le fléau du tabagisme chez les mineurs gagne implacablement du terrain que ce soit chez les non scolarisés que chez ceux qui fréquentent les bancs de classe. Si pour certains élèves, le fait de fumer est considéré comme un délit et qu’il faut, pour ce faire, se cacher pour griller sa « blonde » ou sa « brune », pour d’autres, en revanche, l’acte est outrancièrement mis en évidence et même en valeur. Ces adolescents font donc tout pour être repérés en arborant fièrement leurs « sèches » et avec un zèle de snobisme. Il ne s’agit pas là d’accabler le personnel éducateur ou encore les parents, loin s’en faut, car la responsabilité est partagée et elle est à imputer à toute la société civile surtout que le mal a fini par prendre des dimensions énormes, dépassant tout entendement. En fait, ce n’est pas fortuit, si les petits trabendistes (revendeurs de cigarettes et de tabac à chiquer) se bousculent devant les seuils des établissements scolaires, et ce sous l’œil nonchalant de la société civile et des pouvoirs publics.
Ainsi, ce mal de société se répand vite et devient de plus en plus profond. Ni le travail de prévention et de sensibilisation que mènent les enseignants ni encore la vigilance et la sévérité des parents n’ont pu, hélas, juguler ce dramatique phénomène de société. Combattre le tabagisme, notamment chez les mineurs devait être l’affaire de tous. Les parents, les éducateurs, le mouvement associatif, les pouvoirs publics, les médias…tous doivent s’y mettre pour atténuer un tant soit peu la portée de ce fléau dévastateur.
Idir Lounès
