L’exemple du jeune homme originaire de Kherrata, qui a réussi à décrocher son bac au bout de la quatorzième année, est sur les lèvres de tous ceux qui n’ont pas pu l’avoir après deux tentatives. Ceux qui n’ont pas été admis s’encouragent, mutuellement, en citant de nombreux cas qui, à force de persévérance, ont fini par décrocher le fameux sésame. « Il suffit d’y croire », affirme un étudiant à l’adresse de son ami qui l’a raté pour la seconde année consécutive. Cependant, le repasser encore une fois ne dépend plus de leur courage. A la déprime de l’échec, s’ajoute l’inquiétude d’une rentrée incertaine. Personne pour le moment ne peut leur assurer que des classes spéciales « ancien programme » seront ouvertes pour les recalés. Au niveau des établissements scolaires où nous nous sommes renseignés, la rentrée scolaire se prépare en prenant en considération les doublants des élèves de terminale ayant suivi le nouveau programme seulement. « Pour le moment, nous n’avons reçu aucune instruction concernant le devenir des recalés de l’ancien système », nous dira un responsable que nous avons joint pour en savoir plus. On ne doit pas oublier que près de la moitié des candidats au baccalauréat ont échoué. On ne peut les ignorer et les mettre dehors sous prétexte qu’ils n’ont pas suivi le nouveau programme. Le ministère ne doit pas abandonner ces milliers de jeunes qui ne demandent qu’à avoir une autre chance et prouver qu’ils ne sont pas aussi « nuls » que certains sont amenés à le penser. « Le fait de rater notre examen une seconde fois ne fait pas de nous des marginaux », tiennent à préciser deux jeunes garçons rencontrés à la mairie. Comble du paradoxe, ils sont venus accompagner leur ami qui a eu plus de chance qu’eux et prépare son dossier d’inscription à l’université. Tous les recalés que nous avons rencontré refusent d’être exclus. Ils se prévalent tous de la législation qui leur donnerait le droit de passer le bac en tant que candidat libre, à cinq reprises. Septembre n’est pas si loin. D’ici là, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts.
A. O. T.
