La forêt empestée par les déchets

L’exubérance végétale et le charme rédempteur du sous-bois procurent des sensations insolites, propices à la méditation et conviant au dépaysement. Cependant, ce décor ensorcelant est contrecarré par la profusion d’ordures abandonnées aux abords de la route, des sentiers pédestres et des raidillons. C’est une véritable profanation dont l’ampleur laisse pantois. Car même les zones touffues, qui paraissent les plus inaccessibles ont leur lot de sacs en plastique, canettes de bière et autres packagings. Une grave atteinte qui en dit long sur la notion toute approximative qu’on a de la culture verte et de l’environnement. « Peut-être croit-on que le parc est si vaste que tous ces détritus se perdraient dans son immensité », suppute Aissa, qui fait au même titre que moi, sa randonnée initiatique dans l’Akfadou. « Nous avons assez à faire de traquer les pyromanes et les braconneurs. Avec un effectif très réduit, il est impossible de lutter contre toutes les formes de prédation », nous dira un garde-forestier croisé à la lisière de la forêt. « La pollution par les ordures, ajoute-t-il, relève de l’incivisme et de la négligeance contre lesquels la sensibilisation ne peut pas grand-chose ».

Nacer Maouche