La Dépêche de Kabylie : Premièrement pouvez-vous nous situer l’état du secteur de l’artisanat au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou …
M. Asmani : Le secteur de l’artisanat à Tizi Ouzou est en progression constante, l’on voudra pour preuve le nombre croissant d’artisans enregistré au service inscription mais surtout l’engouement à l’exercice de ces métiers, créateurs de richesse et pourvoyeurs d’emplois. C’est la première entreprise à l’échelle nationale voire même internationale. Cela est valable pour ses trois volets qui sont l’artisanat traditionnel, l’art traditionnel et la production de biens et services. Je dirai que le secteur a vraiment de beaux jours devant lui au vu des mesures d’accompagnement et des aides aux artisans réservées par les pouvoirs publics.
Peut-on avoir justement le nombre exact des artisans enregistrés à votre niveau ?
Pour ce qui de la Chambre de l’artisanat et des métiers, gérant les deux wilayas de Tizi Ouzou et Boumerdès, nous sommes pratiquement à quelque 8 000 artisans, tous domaines confondus. Pour l’art traditionnel, je situerais la fourchette des adhérents entre 3 000 et 3 500 artisans enregistrés à notre niveau.
Vous avez lancé un cycle de formation destiné aux artisans, qu’en est-il au juste ?
Effectivement, le cycle de formation a été lancé en 2007. Il s’agit en fait d’un cycle suivant le programme du BIT (Bureau international du travail) qui vise à accompagner l’artisan par le biais de la formation. Cette dernière consiste premièrement à l’aider à trouver son idée « le Tri », ceci est valable particulièrement pour les gens étrangers au métier de l’artisanat, jusqu’à la création de l’entreprise et le montage d’un plan d’affaires. Par la suite viendra l’étape dite « Germe » cela veut dire mieux gérer son entreprise. L’artisan se perfectionne à travers une formation poussée qui inclue la gestion des stocks, le calcul des coûts, la comptabilité, le marketing, tous ces modules sont abordés en détail
Cette formation a-t-elle été bien accueillie par les artisans ?
Je peux facilement répondre par l’affirmative au regard du nombre d’artisans, qui est de 127 ayant déjà bénéficié de cette formation. L’opération est dans sa période d’évaluation, ce qui nous permettra de nous situer et nous positionner afin de reprendre le cycle sur de très bonnes bases.
Qu’en est-il des subventions accordées directement aux artisans ?
Il s’agit principalement des aides sur le Fonds national de promotion des métiers de l’artisanat, plusieurs artisans en ont bénéficié particulièrement ceux de Béni Yenni. Il faut rappeler que ces aides viennent en application des instructions données par le ministre de la PME et de l’Artisanat qui a promis aux artisans des aides à l’occasion de l’inauguration de la Fête du bijou en 2006. Exécutant les instructions du ministre, il y a actuellement 24 dossiers qui ont abouti à notre niveau, auxquels nous avons remis les attestations de bénéfice aujourd’hui (vendredi 1er août 2008). Le soutien de l’Etat ne se limite pas à l’aide directe. L’Etat soutient en effet tout ce qui est en rapport avec la promotion à l’activité artisanale. Je vous citerais l’attribution d’un million de dinars pour les Fêtes du bijou, du tapis et celui de la poterie qui a repris cette année. La tutelle a subventionné le Salon du bijou traditionnel à raison de deux millions de dinars et quatre millions de dinars pour le Salon du bijou organisé à la foire d’Alger en collaboration avec l’Association des bijoutiers d’Ath Yanni.
Plusieurs artisans, notamment les bijoutiers évoquent les problèmes auxquels ils font face, la non disponibilité de la matière première entre autres. Quel est votre avis à ce sujet ?
Pour ce qui est de la disponibilité du corail, il faut savoir que cette espèce animale est protégée par l’Etat car menacée de disparition. Cependant je pense que le ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques se penche sur cette question, je crois savoir qu’il y a même des bureaux d’études qui sont engagés, des mesures seront certainement prises prochainement. Pour le cas de l’argent, son prix est aligné sur le cours international puisqu’il s’agit d’une matière cotée en Bourse. Concernant la question du fisc, je vous dirais que les artisans traditionnels sont exonérés d’impôts durant dix années, chacun dans sa région. Pour la question de la défiscalisation, cela relève de la compétence des services des impôts. Je dois souligner que notre ministère travaille à l’allégement les lourdeurs fiscales non pas uniquement pour l’artisanat traditionnel mais en faveur des artisans en général.
Un dernier mot pour conclure…
Je lancerai un appel à travers la Dépêche de Kabyle — que je remercie au passage pour l’intérêt accordé à l’artisanat — aux artisans pour venir s’imprégner de l’approche « nucleus » qui est une nouvelle forme d’organisation inspirée à partir du programme de coopération technique qui nous lie à la GTZ, organisme allemand. Au niveau de notre Chambre, nous accompagnons les artisans par la formation et l’orientation en vue d’améliorer le secteur.
Propos recueillis par A. Z.
