Il faut bien que quelqu’un de la famille aille se renseigner sur le sort réservé aux dossiers, portant insertion au programme CPE, déposés en mai passé par quatre sœurs de Lakhdaria au service chargé de la réception de la direction de Bouira. Comme l’exige la tradition musulmane traitant de ce cas de situation, en plus clair lorsque cela concerne la femme. Les intéressées ont désigné leur frère aîné pour les allées et venues à Bouira, et pour la raison bien simple que la femme ne doit pas trop s’éloigner du domicile du tuteur. Pourtant, ces quatre demoiselles de Bouderballa, un hameau de la localité de Krichiche, depuis qu’elles sortent dans « cet extérieur », la plupart du temps pour rejoindre les bancs de l’université, celles-ci n’ont pas perdu leur temps, mais juste ce qu’il faut pour décrocher des diplômes dans les filières de l’informatique, le droit, la psychologie, et l’histoire. C’est donc le jeune tuteur, chargé de suivre le cheminement des dossiers, qui reçoit toutes les peines caractérisant cette « mission », consistant à se déplacer tous les quinze jours vers le chef-lieu de wilaya, pour y subir les longues attentes, et d’assister impuissant aux remises des rendez-vous à des dates ultérieures. Dans les programmes CPE et PAIS, la procédure retenue est la même, les concernés enregistrés par l’administration selon la date de dépôt de leur demande, doivent attendre que des postes de travail soient disponibles, autrement dit ces derniers conditionnent la « cadence de recrutement ». « Juste après l’achèvement des dossiers, se souvient le jeune homme, je me suis déplacé à Bouira, pour voir où en étaient les choses, mais je suis revenu bredouille », une visite soldée par un « retour à blanc », continue-t-il que « ses sœurs diplômées de l’université ont mal reçu, croyant qu’elles seraient recrutées du 1er coup, vu leurs références ». Bien sûr à chaque fois qu’on disait à Ali « nous n’avons rien pour vous pour l’instant », on ne manquait pas de rajouter « patientez un peu, nous attendons des offres dans votre profil », ceci pour que le visiteur n’ait pas l’idée qu’on a mis un trait sur son projet, et pour mieux « ancrer dans les esprits » qu’il s’agit d’une insertion liée aux convenances de postes de travail. Mais Ali, dans cette histoire, est comme ce chargé de mission qu’on envoie vers des lieux qui détiennent un intérêt « ciblé » par une communauté, laquelle lorsque l’action échoue, met tout sur le compte de l’envoyé dépêché pour la circonstance.
Ce parcours stressant que Ali effectue, sans résultat pour l’instant en direction de la wilaya, dit-il : « Me rend malade, car à la maison on me reproche de ne pas me dépenser à fond pour mes quatre sœurs, et à Bouira je me suis rendu compte qu’ils n’apprécient pas que je pointe le nez assez souvent », confiant que « parfois je doute de l’existence de ce programme, mais maintenant que j’apprends qu’on l’a enclenché ailleurs, ceci me redonne espoir ». Pas plus tard que le 1er août, Ali est allé du côté de Bouira, un autre rendez-vous l’attend le 15 du même mois, soit une virée dans 15 jours, ce mouvement continu, dira notre marathonien malgré « montre à l’administration que je tiens à ce que je cherche, et prouve à la famille que ne je n’ai pas lâché le « bendir dans l’eau ».
A. Cherif
