La pression terroriste s’est accentuée encore, chose révoltante, en cet été 2008, sur différentes régions de la Kabylie. Déjà deux mois -entre fin juin et début août-ont été jalonnés d’actes de violence, d’attaques spectaculaires diaboliquement planifiées par les commandos de l’ex-GSPC. Cible privilégiée de ces hordes sanguinaires : les corps de sécurité en général et les soldats de l’ANP en particulier, ce week-end encore, un membre des GLP a été froidement égorgé aux alentours de Aomar. Plus loin, vers l’Ouest, à 500 mètres du centre urbain de Lakhdaria, l’explosion d’une bombe artisanale a fait dans le même temps, deux morts et pas moins de deux blessés dans les rangs d’une patrouille militaire. Quelques jours plus tôt, en planifiant l’attaque kamikaze contre le petit port de Zemmouri-avec un bilan d’au moins 7 morts et beaucoup de blessés dont trois mortellement- l’hydre islamiste ne faisait que confirmer, c’est un euphémisme de le rappeler, son refus de toute idée de paix et réconciliation nationale. Au mois de juillet, l’on avait signalé particulièrement à l’est de Boumerdès, des attentats meurtriers à l’arme automatiques contre des patrouilles et des membres des services de sécurité, et ce en plus de contre-embuscades à répétition sur le trajet des convois militaires. Ce fut un décor (réédité) d’une période sanglante qu’on croyait révolue, puisque, dans les maquis, les militaires se faisaient étriper sous les bombes à la moindre baisse de vigilance. Et en moins d’un mois encore, trois attentats suicide ont été simultanément perpétrés à Lakhdaria, Tizi-Ouzou et Zemmouri. Officiellement, on a fait état au total, d’une dizaine de morts et de plus de 50 blessés dans de telles circonstances dramatiques. Planifiées par traîtrise, ces attaques sont aussitôt reconverties par l’ex-GSPC en victoires contre l’Etat républicain. Le décompte macabre effectué, cet été, ne peut, et pour cause, prêter à l’optimisme. Pour un terroriste abattu, si l’on prend notamment les importantes offensives militaires ayant ciblé récemment des maquis de Beni Douala et Ghzerwal-deux militaires assassinés ou blessés à mort. Dans les maquis de Boumerdès, Bouira, Tizi-Ouzou ou Jijel, les détachements de l’armée font toujours face à des hordes islamistes, plus cruelles que les bêtes sauvages.
Sans faiblesse, l’ANP est déterminée à les anéantir les unes après les autres.
Salim Haddou
