L’Agence de l’emploi et la honte

Suite aux doléances des jeunes, la queue et le désordre se forment dès qu’une information officieuse ou officielle sur la possibilité d’une éventuelle occasion d’emploi est annoncée. Cette jeunesse qui afflue, tous âges, sexes et niveaux confondus, se voit désespérée devant une agence incapable de traiter d’égal à égal avec l’employeur. . Pour plus de détails, nous nous sommes rendus à l’agence située face au palais de justice. Ce que nous avons vu nous a non seulement convaincu mais aussi vaincu… L’agence en question se résume en un local 3 mètres sur 5 mètres, six employés à l’intérieur — 4 hommes et 2 jeunes filles —, une vieille armoire pleine de dossiers un semblant de bureau pour le chef. Quant aux autres employés, ils ont droit à des tables scolaires et des chaises usagées. Il était 14h. l’agence est une vraie fournaise. Pourtant, les braves employés étaient là à recevoir les jeunes venus des dix communes de la daïra-mère à Aïn Bessem pour déposer leurs dossiers. Ces centaines de dossiers seront étudiés et classés dans de grands cartons : la poussière et les toiles d’araignées sont là pour en témoigner. Aucune climatisation, une fenêtre ; le seul moyen d’aération reste la porte d’entrée… Pour boire de l’eau fraîche ils sont obligés de demander aux voisins du quartier. Les hommes sont plus chanceux car ils peuvent faire leurs besoins en allant au café du coin ou à la mosquée mais les jeunes filles, elles, sont obligées de résister jusqu’au soir… Pire encore : tout le travail à savoir, traitement, gestion, classement des dossiers se fait au stylo ! L’agence est dépourvue de l’outil informatique. Interrogé sur place, un jeune nous dira : « Je me suis cassé la tête pour constituer ce dossier ; j’ai fait 25 km pour venir ici… Je suis déçu ! Je préfère quitter (brûler) le pays quitte à être dévoré par les poissons que de voir mon dossier gisant dans un carton….  » Quant aux six employés de l’agence qui travaillent dans des conditions inhumaines, ils méritent le respect de un chacun.

Kamel Ladjal