Mercredi, à 10h du matin, un moment où la population de Tekerboust était sous le choc du double attentat à la bombe qui a frappé la wilaya de Bouira la nouvelle de la mort de Hamoumi Sofiane de la localité surgit subitement et sème une grande émotion chez tout le monde. Les expressions s’alourdissaient au point où personne ne pouvait s’exprimer, alors que le silence prend son séant. Les gens se dirigeaient vers son domicile pour partager la douleur avec sa famille, et les foules qui viennent de tous les points du village rendaient le quartier inaccessible. Le malheur ne s’arrête pas à ce stade car après quelques instants un autre coup de boutoir cible le moral en recevant de même l’information de la mort de l’aîné Demmouche dans les mêmes circonstances que le premier. Un grand désespoir se manifestait, reliant tout au destin pour donner l’explication à cette atteinte, alors que le père de ce dernier disait d’un air courageux : “… Tout simplement c’est le destin, heureusement et Dieu merci que le déplacement de mon fils était dans le but de gagner son pain et non pas d’aller au bar ou bien vers d’autres endroits de péché”. Il ajoutera : “Chaque jour, il se levait à 3h du matin pour préparer son déjeuner et prendre son café avec sa mère pour viser enfin le premier départ du village, et il revient chaque jour à une heure très tardive le soir.” Il est à signaler que les deux jeunes ont réclamé leurs diplômes en topographie, et ils viennent d’entamer une carrière professionnelle le mois dernier pour un avenir florissant, mais les consciences destructrices voulaient autrement pour décimer l’espoir des jeunes et des familles qui veulent voir un jour des étoiles luisantes et non éteintes. Alors que l’espoir de voir les visages des deux victimes se partage, l’ordre de l’enterrement immédiat est reçu par les deux familles que lançaient par la suite l’appel à la société par le biais de la mosquée, d’aller creuser les tombes. Une affluence sans précédente se dirigea vers le cimetière pour que les deux tombes se réalisent dans un court délai. Au environs de 22h30 l’arrivée des deux corps au village donnait lieu à un silence bizarre suivi par des pleurs et des larmes dans les yeux des plus de 2 000 personnes qui sont à l’attente de la réception de ces deux victimes. Dirigés vers leurs domiciles, les deux corps interdits d’être visités pour éviter d’éventuels chocs, sont rapidement transférés vers le cimetière et massivement accompagnés en pleine nuit pour les enterrer avec une grande émotion. il est à dire aussi que ce même village vient de perdre pour la énième fois des jeunes à la fleur de l’âge dans des attentats terroristes qui les ciblent en tant que citoyens civiles ou militaires.
Brahim B
