Fin des vacances. Aculée sans doute par la rentrée scolaire mais beaucoup plus par l’approche du mois du ramadhan et les préparatifs qu’il impose, la saison estivale de cette année se termine en queue de poisson laissant un goût d’inachevé pour les estivants et les amoureux de la plage. Plus contrariés que d’autres, les plagistes n’ont certainement pas aimé que la saison chaude, synonyme de revenus soit ainsi écourtée alors que par le passé la location des tentes, des parasols et autres effets de camping s’étendraient jusqu’à mi-septembre. Laissant tout derrière, fêtes familiales, plages et soirées animées au bord de l’eau, les familles reviennent chez elles et les ménagères qui ont comme première mission de réunir tous les produits et les condiments nécessaires à la réussite de la Chorba et des autres plats ramadhanesques, s’attèlent ces jours-ci à faire le grand ménage en prévision du mois sacré qui s’annonce déjà. Cette période charnière est celle des grands départs aussi. Pour les Algériens établis en France, c’est le moment de reprendre le bateau ou l’avion pour aller préparer sa chorba sur l’autre rive de la Méditerranée. Sur le plan financier, il n’est pas utile de souligner que le citoyen algérien a la peur au ventre face aux multiples dépenses qui l’attendent. Ses économies épuisées durant la saison estivale, il doit repartir à zéro et se débrouiller comme bon lui semble pour faire face aux fortes dépenses exigées par le ramadhan d’une part et la scolarité de ses enfants d’autre part. Ces jours-ci, à la veille de ce ramadhan 2008, et comme il fallait s’y attendre, on assiste à une flambée des prix des produits et légumes de base. Le fait n’est pas du tout surprenant et fait même partie des mœurs des Algériens habitués depuis de longues années à subir les humeurs des commerçants en pareilles opportunités en apprenant même comment contourner la cupidité des marchands indélicats. Mais ce qui fausse continuellement et d’une manière progressive les calculs des ménages c’est surtout l’augmentation qui va crescendo de certains produits de large consommation à commencer par l’huile de table dont le bidon de cinq litres effleure actuellement les 800 DA. Dans peu de jours, ce sera au tour des bambins d’exiger des habits neufs et des fournitures pour la rentrée scolaire. Un autre embarras pour les chefs de familles et des endettements de plus pour les petites bourses. A l’occasion, l’Etat promet de prendre des mesures adéquates pour préserver le pouvoir d’achat du citoyen algérien sensiblement érodé ces derniers mois. Mais avec le temps, l’Algérien a appris à ses dépens que les déclarations officielles n’arrivent toujours pas à alléger ses peines et qu’il ne faut surtout pas compter sur les discours de circonstance.
S. Soumia
