Les ménages se prémunissent contre les pénuries

Pour éviter d’être pris au dépourvu, les citoyens préparent activement le mois sacré. Nous assistons à des achats inhabituels effectués pour prévenir d’éventuelles pénuries ou augmentations des prix. Tous les ménages ont profité des coûts, relativement bas, de certains légumes pour se faire des stocks d’ail, de pommes de terre ou d’oignons. Le même remue-ménage est constaté chez les commerçants qui se préparent en conséquence. Leurs magasins sont mieux achalandés qu’à l’habitude, à tel point que les marchandises s’entassent dans les moindres recoins. Certains produits, très demandés en cette période, sont étalés bien en vue des clients qui s’approvisionnent dès maintenant en frik, raisins secs et autres sucres, thé, etc. Le lait en sachets, sous tension depuis quelques jours promet de faire parler de lui car la consommation des ménages passe du simple au double. De nombreux jeûneurs ne pouvant se passer de petit-lait ou de lait caillé pour accompagner le couscous ou les dattes. A cinquante dinars le litre, le petit-lait vendu en sachets ou en boîtes, bien que de bonne qualité, revient cher. Les distributeurs de lait tout comme les fabricants feront, on l’espère, un effort pour juguler la tension. Les prix des fruits et légumes, déjà élevés, ne devraient pas grimper, encore plus. Les consommateurs ne sont pas prêts à davantage de dépenses, vu que la rentrée scolaire pointe du nez. Les folies, ce sera pour plus tard. Pour le moment, on se contentera de l’essentiel. Plus personne n’acceptera de payer la salade à son prix actuel. Cependant, cette fièvre, caractéristique de chaque début de carême, ne devrait pas durer au-delà de quelques jours. Comme d’habitude, elle baissera d’intensité avec l’entame de la deuxième semaine.

A. O. T.