Ambiance inhabituelle à Béjaïa

Il fallait bien que les Bougiotes se « permettent » un mois complet pour briser la monotonie de leur quotidien et oublier la dureté de la vie. En effet, frustrés depuis des années de ne pouvoir passer des vacances dignes de ce nom, il n’y a que ce mois sacré du Ramadhan qui offre l’opportunité de changer d’habitudes sans changer… d’air.

Comme chaque année, le mois de ramadhan qui est animé jusqu’à une heure tardive de la nuit, et cela, après avoir passé une journée très dure. Spécialement cette année, avec la canicule de cette fin d’été où il fait bon de sortir en soirée dans la capitale des Hammadites. Toutefois, durant le mois de Ramadhan, chacun choisit de passer ses soirées comme il l’entend. En effet, il n’y a pas que les cafés qui ne désemplissent pas réunissant des groupes de chaises autour de chaque table où la boisson la plus commandée est le thé avec un kalb ellouz comme accompagnement.

En effet, toutes les rues de la ville grouillent de monde chaque soir avec une forte présence de la gent féminine. Si dans les cafés, les discussions sont moins « amères » que d’habitude puisqu’elles tournent autour de sujets plus joyeux le temps d’oublier les soucis, dans les rues, il y a ceux qui se promenent, ceux qui préfèrent rester en groupe durant des heures, sans oublier les femmes qui passent leur temps dans les boutiques d’habillement. En tout cas, Béjaïa ressemble à une vraie ville durant les soirées ramadanesques. Côté affluence, les endroits les plus fréquentés sont la Brise de mur et, bien sûr, la Maison de la culture. Cette dernière, qui a retrouvé sa vocation depuis une année, présente pour la première fois depuis son inauguration un programme riche et varié quotidiennement. En effet, en plus de la grande salle des spectacles, la merveilleuse petite salle récemment achevée est aussi opérationnelle. L’animation des soirées ramadanesques de la maison de la culture de Béjaïa n’est pas limitée cette année aux traditionnels galas artistiques qui attirent la foule mais, également, à la préparation du Festival de la musique et de la chanson kabyles dont la présélection a débuté ce week-end avec deux soirées.

La nouvelle petite salle abritera à partir de cette semaine des soirées théâtrales au grand bonheur des amateurs du quatrième art. Quant aux cybercafés, ils sont pris d’assaut dès leurs ouverture au point où il est rare de trouver un poste disponible avant 22 h 30. Et bien sûr, il y a ceux qui préfèrent passer la soirée avec leurs proches autour du petit écran où toutes les chaînes arabes proposent des programmes spécial ramadhan. Les séries les plus regardées sont « El Hadj Lakhdar » diffusée par la télévision algérienne ainsi que la série syrienne « Bab El hara 3 » diffusée par MBC. Par ailleurs, mêmes les amateurs de musique chaâbie ne sont pas laissés en compte, et cela, que ce soit en arabe sur l’ENTV ou en kabyle sur BRTV. En tout cas, il reste encore trois semaines avant que les Bougiotes ne retombent dans leur monotonie et affrontent la dure réalité de leur quotidien.

Tarik Amirouchen