L’idée de lier les trottoirs au commerce informel a été forgée en grande partie par la presse et les écrits journalistiques qui ne rappellent ces espaces publics que pour décrire l’ampleur du fléau qui les gangrènent. Ou encore comment et pourquoi sont ils squattés par les adeptes du commerce informel et les vendeurs à la sauvette. Ces derniers sont souvent montrés du doigt et présenter comme d’indésirables individus ou même des parasites qu’il faut absolument éradiquer, autrement dit, l’état dans lequel sont les trottoirs importe peu et le regard des autorités reste figé ne considérant pour ainsi dire que ce qui va à l’encontre de la loi afin de l’éradiquer. Cette façon de voir les choses autorise dans une certaine mesure tout le monde, pas seulement les agents de l’ordre, à condamner les commerçants illégaux mais jamais ceux qui ne font rien et n’ont jamais pensé à refaire les trottoirs et abandonnent nonchalamment ces espaces à leur triste sort. Ceci étant, on a tendance à revenir sur ces espaces réservés exclusivement aux passants que lorsqu’ils connaissent un quelconque désordre et les autorités décident alors de faire la chasse aux marchands occasionnels qui entravent la circulation piétonnière.
Certes, en ville de part et d’autre de la chaussée, il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser.
Quand ce n’est pas les étals des trabendistes qui bloquent le passage, c’est les véhicules qui sont carrément garés sur ces lieux réservés pourtant aux piétons. Néanmoins, ce qu’il faut signaler en priorité, c’est surtout l’image désolante et le piteux état dans lequel se trouvent les rues de Bouira et ses trottoirs. En effet, la ville reflète une image morne et repoussante en raison de la dégradation de la voie publique et l’insalubrité qui règne en maître leur plusieurs endroits de la cité. Dans certains quartiers comme ceux de l’ancienne ville à l’image de la rue Aissat Idir ex-Rue de France, des pans entiers de carrelage ont carrément disparus laissant place à des détritus ou des flaques d’eau où les passants sont souvent contraints d’enfoncer le pied pour éviter d’emprunter la chaussée au risque d’être écrasé. Le long des artères dans le centre-ville à Draâ-El-Bordj du côté de la wilaya et du lycée Mira à titre d’exemple, les trottoirs sont carrément défoncés par endroits et à la moindre averse les piétons doivent s’adonner à une véritable acrobatie afin de pouvoir se frayer un passage au milieu des mares et éviter surtout d’être éclaboussés par les véhicules roulant à proximité. Mais ce qui est fortement inconcevable c’est le fait qu’en parallèle de cet aspect désastreux que présentent les trottoirs et la voie publique en généralle. A travers toute la ville, on voit chaque jour de gigantesques panneaux publicitaires s’élever, donnant la fausse allure d’une cité propre et d’un cadre de vie des plus agréables. Malheureusement, ces mastodontes symboles de ‘‘modernité » ne peuvent en rien servir d’alibi ou constituer un quelconque signe de développement et de bien-être pour les habitants de la cité.
Et pour cause, les grandioses panneaux publicitaires aux multiples couleurs prennent malheureusement racines au beau milieu de détritus ou dans de l’eau stagnante quand ils ne sont pas pleinement enfoncés dans la gadoue. Ceci étant, les citoyens de la ville de Bouira aspirent juste à avoir un cadre de vie propre, des rues et des trottoirs ressemblant à ceux des autres chefs lieux de wilaya dignes de ce statut.
S. Soumia
