Après le jeûne alimentaire, le jeûne de la lumière !

En plein ramadhan, les populations du douar d’Ath Aidel comprenant les communes de Bouhamza, Beni Maouche, Amalou et Seddouk, fout face depuis jeudi aux pannes récurrentes d’électricité qui les y obligent à passer les soirées ramadanesques éclairés à la bougie. En effet, depuis jeudi passé, il ne se passe pas une soirée qu’une ou plusieurs coupures intempestives ne viennent les perturber dans leurs soirées. Et pourtant, tout le monde sait que durant le ramadhan, après une journée de privation, les gens attendent impatiemment le soir venu pour se divertir un tant soit peu, mais malheureusement pour ces populations montagnardes après le jeûne alimentaire, c’est le jeûne de la lumière. « Si la nature accentue la dureté de la vie dans ces montagnes, Sonelgaz rend cette pénible vie insupportable pour ces populations qui restent médusées par les coupures incessantes d’électricité survenant de jour comme de nuit », témoigne Mohand, un jeune qui ne décolère pas et qui abonde dans le même ordre d’idées : « Pourtant, cette entreprise n’attend pas pour couper le courant à quelqu’un qui n’a pas payé dans les délais prescrits, même fut-il un père de famille n’ayant pas de quoi payer la facture dans l’immédiat ». Ce que les gens trouvent navrant pour le moins que l’on puisse dire, c’est que les coupures ne surviennent qu’au douar d’Ath Aidel mais rarement à Akbou, Seddouk-ville ou Ath Ouaghlis. « Seddouk est divisé en deux parties : la rive ouest comprenant la ville et les villages Amalou et Takaâts qui ne connaissent que rarement ces pannes récurrentes et la rive est comprenant Amdoune N’seddouk (Seddouk Oufella et Ouadda, Ighil n’Djiber et Tibouamouchine), des laisser- pour-compte soumis quotidiennement à des chatouillements désagréables et énervants de la part de Sonelgaz qui les prive du courant électrique durant des heures et chaque jour que Dieu fait, et ce depuis maintenant quelques jours, dira un autre jeune emboîtant le pas au premier. Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres ! Voyons les choses plus clairement : au village Seddouk Ouadda, un commerçant indélicat, voyant que ses pairs dans la localité ont épuisé leurs stocks de bougie n’a pas trouvé mieux que d’imposer aux gens la vente par unité à raison de 10 dinars l’une ce qui fait qu’un paquet de 10 bougies revient à 100 dinars au lieu de 50 dinars. Le plus surprenant, c’est lorsque quelqu’un lui reproche cette pratique illégale- car c’en est une du moment que les commerçants profitent de la situation. Les gens sont obligés d’acheter quelque soit le prix et au commerçant répondre qu’il est libre de pratiquer les prix qu’il veut. Durant le ramadhan, certains commerçants trouvent que tous les moyens sont bons pour arnaquer le consommateur devenu par la force des choses, le dindon de la farce.

L. Beddar