AEP, on gaspille plus qu’on utilise

Le réseau de distribution de l’AEP du chef-lieu de la commune de Saharidj ne cesse de créer des désagréments aux citoyens de cette importante agglomération et cela en raison de la vétusté, ajoutée à une réalisation anarchique et bâclée, un manque flagrant d’entretien et enfin, une absence totale du suivi et de gestion, c’est un secteur qui évolue dans un désordre total.

A l’heure actuelle, certaines cités laissent ouvert les robinets H24 pour éviter l’éclatement de la tuyauterie sous la forte pression tandis que dans d’autres cités le débit de ces robinets se tari dés les premiers jours de la saison chaude ; quant au réseau de distribution, c’est une véritable passoire, car, il y a beaucoup de fuites, et l’eau se déverse à longueur de journée dans les allées et les terrains vagues. Comment serait-il autrement quand on constate que l’équipe chargée de l’entretien, utilise des morceaux de chambre à air et du fil d’attache pour réparer les fuites ? un bricolage qui ne tient que quelques jours, et pourtant ce réseau, a bénéficié d’enveloppes financières assez conséquentes sans qu’aucune amélioration ne soit constatée, des citoyens continuent à souffrir du manque d’eau dans l’une des plus riches région d’Algérie en matière hydriques, et ni les réclamations quotidiennes des citoyens, ni encore moins le gaspillage à grande échelle de cette précieuse denrée, ne semblent perturber la passivité des responsables locaux qui donnent l’impression d’être beaucoup plus préoccupés par l’entretien de leur…image de marque et du culte de la personnalité à travers l’embellissement de leur environnement professionnel par de belles secrétaires et des équipements « dernier-cri ». Les hautes autorités de la wilaya doivent réhabiliter le système des registres de doléances à travers les administrations afin de connaître les contraintes et les désagréments de ses administrés de ces communes perdues au fond des campagnes, un système qui permettrait aussi de s’informer des réalités du terrain qui sont loin d’être roses, car la plupart des services publics sont en panne. AEP, éclairage public, transport, auxquels s’ajoutent les prestations de services des plus médiocres à travers l’ensemble des administrations étatiques, PTT, agriculture, contributions, assurances, où on est loin d’être au service de la population comme stipulé dans la constitution, bien au contraire, c’est la bureaucratie qui y règne en maître absolu. Pour revenir au sujet qui nous intéresse, signalons qu’au moment où l’eau coule à flot dans les ravins et se perd inutilement dans la nature, certaines cités au même titre que des établissements étatiques à l’image de l’unique lycée de Saharidj, sont alimentés sporadiquement à base de citernes tractées, et cela au moment même des examens de fin d’année. Aucun des élus interpellé à ce sujet n’était en mesure de nous fournir une réponse convaincante. Les uns évoquent la pression, d’autres celui du réglage ou encore une fuite au niveau de la bâche à eau du lycée, chose démentie par le service technique de l’APC même, qui écarte catégoriquement toute anomalie au niveau de cet ouvrage, aucun des responsables ne veut reconnaître qu’il s’agit tout simplement d’une… défaillance humaine.

Oulaid Soualah