Les Mokri n’oublient pas

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Les parents et les amis du défunt Meziane Mokri ont tenu à commémorer le premier anniversaire de sa disparition. Une plaque de marbre, avec sa photo gravée et ramenée spécialement de l’étranger, a été scellée à l’endroit où il fut touché malencontreusement par un bloc de pierre. Le défunt tenait un petit bureau de tabac et journaux dans cette placette à l’entrée de la ville, à côté du stade municipal. C’était un jeune homme sympathique, fraîchement sorti de l’université. Une prière a été dite au cimetière d’Aït Atelli en présence de citoyens du village. La famille Mokri ne baisse pas les bras dans sa recherche des responsabilités dans les fâcheux évènements qui ont conduit à la perte de leur enfant. Sa mère n’en veut plus à la main qui a jeté la pierre. Son enfant n’était pas spécialement visé, il n’avait aucun ennemi. Mais la famille montre du doigt les responsables de l’époque, qui auraient dû déprogrammer le match ou tout au moins le délocaliser. Plusieurs rencontres avaient été auparavant annulées pour les mêmes raisons. Beaucoup de signes avant-coureurs auraient dû être décryptés en effet comme des prémisses de la violence. Après quelques minutes de jeu, la violence qui éclata fut incontrôlable et le maire présent au stade essaya vainement, au milieu du déluge de pierres, de calmer les jeunes décidés à en découdre. Les policiers et les dirigeants des clubs ne purent pas arrêter la fureur des jeunes laquelle allait crescendo. On se souvient que la ville fut livrée à l’affrontement aveugle avec le bilan que l’on sait. Selon un ami très proche du défunt, cette insistance de la famille ne vise pas un but revanchard mais à faire en sorte que de pareilles imprudences ne se renouvellent plus.

M. Amarouche

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