Au moment où l’on parle de la désertification et des différents programmes lancés à cet effet et des moyens matériels et humains qui, dit-on, sont mobilisés pour la sauvegarde de la ressource forestière, lesquels constituaient un frein pour les campagnes de reboisement…. la commune de Ouled Rached, wilaya de Bouira, qui se caractérise par son important tissu forestier qui peut faire partie de ce front qui pourra bousculer ce phénomène, semble aller à contre-courant. De par le passé, les forêts dans cette commune ont connu une importante dégradation (décennie noire) et ne cessent de connaître le même sort aujourd’hui : la majeure partie de cette superficie est ravagée soit par les incendies dont on ignore toujours les faiseurs et les motifs, soit par le défrichement sauvage et anarchique qui se fait sous l’auspice des services des communes d’Ouled Rached et d’Ahl Leksar censés veiller sur la préservation de cette richesse. Durant 10 ans ou plus, des hectares et des hectares ont été défrichées : des « réseaux » tout entiers apparaissent et s’attaquent à tout ce qui est vert. Muni d’autorisations d’exploitation délivrées on ne sait ni pourquoi, ni comment, ni par qui, avec comme slogans « Pour celui qui paye plus de pots de vin », tout en sachant que les citoyens qui veulent défricher un morceau de terre pour le cultiver ou ceux qui veulent s’approvisionner en bois pour la saison hivernale sont contraints de verser quelque 2 000 DA. De Tizi-Ouzou, de M’sila, de Blida venait la mafia du bois qui s’est faite un argent fou. Corruption en plein jour : pratique devenue plus que normale pour les Services des forêts faisant leur sale besogne dans l’impunité totale, profitant d’un côté de la pauvreté des petits paysans, et d’un autre de l’insatiabilité de cette mafia. Une Commission d’enquête doit être dépêchée pour mettre à nu ces pratiques qui relèvent d’un autre âge. Notre silence, surtout dans les moments actuels, ne fera qu’empirer les choses et sera une complicité avec ceux qui veulent anéantir les forêts.
Rahim Fariche
