Les ravages du tabagisme chez les mineurs est-il une fatalité? C’est du moins la question qui revient avec persistance chez l’opinion publique. En effet, une petite enquête à proximité des établissements scolaires en cette rentrée 2008/09, nous a permis de nous renseigner sur l’ampleur et l’étendue du ravage que provoque le tabac dans ce milieu juvénile et donc vulnérable. Aujourd’hui, il n’est un secret pour nul du commun des mortels, non seulement à Maâtkas ou dans les autres localités de kabylie, mais encore à travers tout le territoire national, que le fléau du tabagisme chez les mineurs gagne implacablement du terrain aussi bien chez les non scolarisés que chez ceux qui fréquentent les bancs des classes. Si pour certains élèves le fait de fumer est considéré comme un délit, et qu’il faut pour ce faire, se cacher pour griller sa “blonde” ou sa “brune”, pour d’autres, en revanche, l’acte est outrancièrement mis en évidence et même en valeur. “ Nous sommes des dizaines au niveau de notre collège à fumer et il y a encore plusieurs de nos camarades qui veulent apprendre à le faire!”, dira fort à propos un élève de 16 ans de Souk El Khemis. Ces adolescents font donc tout pour être repérés en abordant fièrement leurs “sèches”” et avec un zèle de snobisme. Il ne s’agit pas là d’accabler le personnel éducateur ou encore les parents, loin s’en faut, car la responsabilité est partagée et elle est imputée à toute la société civile d’autant plus que le mal a fini par prendre des dimensions énormes, dépassant tout entendement. En fait, ce n’est pas fortuit si les petits trabendistes (revendeurs de cigarette et de tabac à chiquer) se bousculent devant les seuils des établissements scolaires, et ce sous l’œil nonchalant de la société civile et des pouvoirs publics. Ainsi, ce mal de société se répand vite et devient de plus en plus profond. Ni le travail de prévention et de sensibilisation que mènent les enseignants ni encore la vigilance et la sévérité des parents n’ont pu, hélas, juguler ce dramatique phénomène de société. Combattre le tabagisme, notamment chez les mineurs, devrait être l’affaire de tous. Les parents, les éducateurs, le mouvement associatif, les pouvoirs publics, les médias, tous doivent s’y mettre pour atténuer un tant soit peu la portée de ce fléau dévastateur.
I. L.
