Si au Centre culturel de la ville de Seddouk,— un édifice moderne, possédant toutes les commodités et subventionné par l’Etat — le vent souffle par manque d’animation, chaque soir après la rupture du jeûne, sur un petit espace de l’accotement de la RN 74 et mitoyen de sa baraque, Zoubir organise une soirée musicale en plein air et gratuite qu’anime les chanteurs amateurs locaux de la région. Le public rural avide de loisir, à pied, en voiture ou en moto se déplace de partout pour le plaisir de s’offrir des moments de gaieté chez des chanteurs promouvant toutes sortes de style musical : kabyle classique, folklore kabyle, chaâbi, raï ect. Le vendredi, c’était cheikh El Mahdi qui était à l’affiche. Connaissant la notoriété du chanteur dans la région lequel s’est beaucoup instruit avec Hadj Mohamed El Anka, le public était nombreux à ce rendez-vous. Les plus chanceux ont pu s’offrir des places assises sur les deux bancs qu’offre la maison, les autres se contenteront de s’asseoir par terre ou sur une pierre mais cela valait bien le coup d’écouter la belle voix de Cheikh El Mahdi qui enchanta l’assistance toute conquise et toute ouïe. Cheikh El Mehdi commence par interpréter ses propres chansons avant d’attaquer une à une les perpétuelles chansons du maître du chaâbi, son idole, Hadj el Anka. « Félicitations pour Zoubir », disent les jeunes rencontrés sur place. » De par son génie, sa notoriété acquise de longue date et son souci d’œuvrer pour l’épanouissement des jeunes ruraux en mal de loisirs, Zoubir Tchoupa mérite d’être à la tête d’un Centre culturel car il a fait ses preuves en animant des soirées sur un petit espace exigu qui a drainé pourtant un monde fou », dira Athmane un jeune ayant beaucoup d’admiration pour cet homme hors du commun qui réussit à faire de l’exploit avec des moyens de bord là où l’Etat échoue avec de grands moyens.
L. Beddar
