Les produits « made in China » et friperie au secours des démunis

Comme à chaque veille de fêtes religieuses des étals des revendeurs occasionnels s’installent au sein du marché, alors que les trottoirs des principales artères et places publiques de la ville sont carrément squattés à la grande joie des démunis. En effet, après les fournitures scolaires, voilà le tour de l’habillement. On y trouve de tout : des effets vestimentaires pour tous les âges, mais la palme revient aux enfants, même des jouets et autres friandises pour les allécher. Quant aux prix affichés, ils sont des plus abordables. On y trouve des pantalons et souliers à 200-300DA, alors qu’aux magasins ils sont affichés à plus de 1 000 DA. Pour la modique somme de 2 000 DA, on peut se payer une paire de chaussures à 600 DA, une chemise et un tricot à 200 DA l’unité. Un pantalon à 500 DA et 20 paires de chaussettes à 100 DA les 4 paires, cela pour un adulte. Pour deux enfants, la somme de 3 000 DA suffirait largement à les vêtir de la tête aux pieds, avec des jouets et friandises, en sus alors qu’au magasin d’à côté, la somme se verrait quadruplée. Donc, une aubaine pour les petites bourses et autres démunis qui y trouvent leur compte. La production et la mise sur nos marchés des produits  » made in China » ont contribué à casser les prix. Ainsi, économie de marché oblige, les magasins du prêt-à-porter de la ville d’El Kseur à l’instar de ceux des autres villes du pays s’acheminent pour la plupart vers une  » banqueroute » certaine. Face à cette concurrence on ne peut plus « déloyale » de la marchandise venue du pays de « l’oncle Mao » nonobstant sa piètre qualité qui à vrai dire laisse à désirer. La profusion du produit chinois qui  » agace » tout le secteur à travers les quatre coins de la planète y compris l’Occident, fait le bonheur des couches défavorisées, mais le malheur de certains à savoir les PMI/PME et celui de tous les autres intervenants dans le domaine vestimentaires. Pis, ces derniers font également face à une autres concurrence non moins rude, à savoir la friperie. Là aussi, avec tous ces prix alléchants, les magasins sont de plus en plus boudés. A El Kseur, ce grand marché bi-hebdomadaire ( lundi et vendredi) vers lequel afflue toute la clientelle de la région du centre de la vallée de la Soummam, les stands et les magazins de friperie et des produits chinois restent les plus prisés. Énormément de jeunes, chômage oblige se reconvertissent dans ce créneau du commerce informel qui échappe aux diverses charges telles que la location de local, les impôts, la CASNOS, etc. N’empêche que les nécessiteux eux y trouvent leur compte. De bonne guerre, « plumés » tout le long d’un mois de « rahma » par les marchands de fruits et légumes – et par revanche font le « bras d’honneur » – qui les attendait au tournant de la fête de l’Aïd pour les saigner à leur tour.

B. R.