Les plaies encore béantes du séisme de novembre 2000

Les bourgades les plus touchées et ayant subi des dégâts matériels incommensurables sont surtout celles proches de l’épicentre. Des centaines d’habitations ont été détruites ou fissurées présentant un danger pour leurs occupants. Dans l’immédiat plusieurs officiels se sont succédé par des visites à Béni Maouche pour voir de visu ce qui s’était passé lors de cette nuit d’horreur qui restera gravée dans les mémoires, notamment des familles sinistrées devenus SDF du jour au lendemain et sommées de ne pas regagner leurs maisons réformées par la commission technique, de passage quelques jours après. Les pouvoirs publics ne sont pas restés insensibles face aux drame de ces familles en organisant des actions de solidarité. Un programme pour la reconstruction des logements jugés inhabitables par cette commission, laquelle a recensé 270 logements répartis sur plusieurs sites. Les travaux de la première tranche, consistant à la réalisation des gros œuvres, ont démarré en trombe.

Mais seulement une fois ces premiers travaux terminés, il n’y a jamais eu de 2ème tranche et les sinistrés, laissés pour compte ne sont toujours pas au bout de leur peine, 8 ans après ce drame les plaies béantes restent encore ouvertes. Les sinistrés n’ont cesse, depuis, de se plaindre a qui de droit pour la continuité des travaux mais ils butent souvent sur l’indifférence des responsables concernés qui leur promettent de faire quelque chose qui les sortirait de l’ornière mais sans jamais tenir leurs promesses sauf l’APW de Béjaïa qui leur a accordé une enveloppe de 3 millions de dinars, un montant jugé par un élu local une goutte d’eau dans un océan. « 3 millions de dinars à répartir entre les 270 sinistrés, ils auront chacun environ 10 000 dinars. A quoi va servir une somme aussi infime notamment avec les augmentations tous azimuts des prix des matériaux de constructions, » explique Amirat un élu de l’opposition. Le wali de Béjaïa lors de sa visite le 1er septembre passé s’était rendu à Tizi Ali l’un des sites. Constatant de visu des logements en chantiers abandonnés depuis des lustres et imaginant des familles dans la détresse depuis belle lurette et toujours dans l’attente d’un responsable, qui s’occuperait vraiment d’eux en leur mettent du baume aux cœurs, a promis lui aussi devant les élus locaux de faire des démarches au plus haut niveau pour leur accorder des subventions pour la 2e tranche.

« Je demanderai au gouvernement de nous accorder la possibilité d’un éventuel financement pour l’achèvement des travaux de ces logements évolutifs dans le cadre du Fonal », précisera le wali de Béjaïa. En attendant qu’une lueur d’espoir pointer à l’horizon, les années se suivent et se ressemblent pour ces malheureux sinistrés d’une commune au mille martyrs et qui a enfanté le commandant Si Hamimi.

L. Beddar