« Le fumeur qui, souvent, a pris sa première cigarette à l’adolescence pour s’intégrer dans un groupe, continuera de fumer parce qu’il est sous l’effet d’une véritable drogue, la nicotine en l’occurrence.
Nous ne sommes pas devant une liberté de choix, un choix d’adulte, comme le soutiennent mordicus les industriels du tabac, mais devant un phénomène de dépendance pharmacologique », nous explique un médecin pneumologue du secteur privé de Bgayet, où le tabagisme—mine de rien— a pris ces dernières années l’allure d’une véritable épidémie touchant même la gente féminine, « démocratisation » des mœurs oblige.
Sans doute en raison de son extrême banalisation, les autorités sanitaires ne disposent d’aucune donnée chiffrée relative à la communauté des fumeurs, ni sur le nombre sans cesse revu à la hausse, de décès liés au tabac.
Une carence qui grève l’appréciation de la gravité du problème.
Les experts estiment néanmoins que des pans entiers de la population tous âges et sexes confondus, sont menacés par ce fléau insidieux.
Une véritable toxicomanie avec en prime de graves pathologies telles que l’emphysème pulmonaire le cancer des poumons et de la gorge et les maladies cardiovasculaires. « Exactement comme le ferait une injection d’héroïne, la nicotine envahit le système nerveux central quelques secondes seulement après la première bouffée inhalée », affirmera le praticien. « Le comportement du fumeur est étroitement lié à la dose de nicotine ingérée », ajoute-t-il. En dépit des campagnes, épisodiques il est vrai, de sensibilisation enclenchées depuis de longues années, pour prémunir la population des méfaits du tabac qui — faut-il le souligner — a annihilé bien des efforts de la médecine, force est de relever que le mal « progresse inexorablement », selon des spécialistes. En fait, nonobstant le laxisme ambiant, c’est toute la rigueur de la politique nationale de lutte contre le tabac qui est sujette à caution. « Il est vain d’interdire, par exemple, aux adolescents de toucher à la cigarette, dès lors que ces derniers peuvent s’approvisionner n’importe où, notamment chez les petits vendeurs à la sauvette qui ont souvent leur âge », déplore le médecin qui doute fort par ailleurs que les recommandations préconisées dans le cadre du programme national de lutte anti-tabac puissent être concrétisées un jour. Il en veut pour preuve l’arsenal de lois censées promouvoir la santé publique mais qui ne sont, hélas, jamais sorties du cadre du journal officiel. « La lutte contre le tabagisme reste un des exemples édifiants sur le contraste criant entre les textes de lois très limpide et juste et leur application, absente dans la réalité quotidienne », nous dira en conclusion notre intetrlocuteur.
Nacer Maouche
