Nombreuses sont les communes rurales qui accusent un énorme retard dans le lancement des projets inscrits.
Cette situation est due au manque d’entreprises réalisatrices. L’exemple nous vient de la commune de M’kira dans la région de Tizi Ghennif. En effet, dans cette municipalité, la réalisation de quotas de logement OPGI, datant de plus de huit ans, est toujours à la traîne. Bien que vingt-six logements aient été lancés, leur concrétisation n’est pas pour demain.
Ce projet serait à l’arrêt car, nous a appris une source locale, le marché aurait été résilié en raison de la lenteur des travaux. Interrogée sur ce problème, notre source nous a informés que ces entreprises manquent généralement de moyens matériels et financiers, si bien qu’elles n’arrivent pas aller jusqu’au bout.
“Si l’argent ne leur est pas rapidement versé, elles coulent”, a expliqué à ce sujet notre source. Actuellement, si le projet de CEM Base 5, accordé à cette commune, a trouvé finalement une entreprise, il n’en est pas de même pour le lycée. Les entrepreneurs qualifiés préfèrent des projets dans les grandes villes où toutes les conditions sont réunies. “Les entrepreneurs font leurs calculs”, nous dira un ex-élu.
“Un camion de sable nous revient presqu’au double pour un chantier à M’kira. Alors que les propriétaires des camions de gros tonnage exigent de nous des prix faramineux uniquement pour le transport des matériaux de construction. Tous ces facteurs nous découragent pour soumissionner pour des projets dans les communes rurales”, nous a expliqué un entrepreneur sous couvert de l’anonymat.
L’autre facteur qui fait peur aux entrepreneurs est indubitablement la situation sécuritaire.
“Nous avons peur pour notre matériel. Alors que nous sommes toujours dans l’œil du cyclone”, a enchaîné la même personne qui a évoqué le cas de l’entrepreneur enlevé à Aït Yahia Moussa qui réalisait le lycée. “Il faudrait peut-être que l’Etat pense à proposer une compensation pour attirer les entrepreneurs vers ces municipalités rurales, par exemple une exonération d’impôts”, tel est l’avis d’un élu.
En définitive, au rythme où vont actuellement les choses, ces projets doivent attendre encore des lustres peut-être même jusqu’à l’épuisement des enveloppes financières qui leur sont initialement allouées.
Amar Ouramdane
