Le monde des paradoxes ne cessera jamais de nous étonner lorsqu’on découvre l’existence d’une décharge publique à ciel ouvert entre le portail d’une cantine centrale fréquentée par quelque 700 lycéens et lycéennes (lycée Smaili de Djemaâ Saharidj) et celui d’une école primaire de quelque 250 écoliers (Ecole primaire Naït Djoudi du même village).
Les sacs, parfois éventrés durant la nuit par les chiens et les chats errants, parfois jetés de loin par leurs porteurs et s’écrasant au milieu des précédents, sont ramassés par une équipe de la voirie communale, et ce chaque matin. Cependant, il faut constater que quelques minutes après le départ du tracteur communal, les lieux reprennent leur état et les sacs s’accumulent. Allez avec ça, apprendre aux enfants le respect de l’environnement et la protection de la santé publique !
Juste en face de ce mur devenu dépotoir public, se trouve un cimetière où reposent beaucoup de figures historiques, particulièrement l’ancien ministre Hachimi Naït Djoudi et le militant de la cause nationale Bennal Ouali, à côté de tant d’autres que tout le monde respecte et où les familles viennent à longueur d’année se recueillir. Le mausolée de Sidi Sehnoune trône religieusement et majestueusement à l’entrée de ce cimetière et la fontaine publique (Viamrane) continue d’offrir son eau limpide pour étancher la soif de tout un chacun. Il semble que l’on ne se soit jamais senti rassasié de cette eau.
Une solution doit être rapidement trouvée à cette situation aberrante à plus d’un titre, d’un tas de détritus à côté d’un centre de formation des générations de demain, d’une fontaine publique et d’un cimetière. Il faudrait aussi rappeler aux familles résidant dans les environs qu’ils contribuent négativement à l’éducation et à la santé de leur propre progéniture.
Si déplacement se peut, cela ne peut être que celui de cette décharge publique incongrue qui devra bien trouver un autre lieu pour répandre ses odeurs avec tous les risques de contamination et de propagation de maladies infectieuses. Les chats et les chiens errants, de même que les éternels rats, en retrouveront bien la trace et pourront sévir loin de ces centres d’éducation et de restauration.
Sofiane Mecherri
