L’enseignement de tamazight en général et le recrutement des contractuels en particulier sont victimes de la bureaucratie depuis l’introduction problématique de cette langue dans le système éducatif. Apparemment, tamazight n’est pas faite pour arranger les choses et les affaires de certains énergumènes. Bien au contraire… Fin d’année scolaire 2001-02, il a été décidé d’introduire tamazight au primaire pour l’année d’après ! Le problème du recrutement refait surface évidemment car en coulisses, des tractations allaient déjà bon train. Selon des sources dignes de foi, douze dossiers de candidature remplissant parfaitement les conditions requises, à savoir licence en tamazight comme le stipule le règlement, ont été déposés en mains propres au niveau du service du personnel de l’époque avec une copie de la liste nominative des postulants sera envoyée au HCA (Haut Commissariat à l’amazighité) pour information ! En septembre 2002-03, à la rentrée des classes, à la surprise générale, aucun des licenciés de tamazight ne sera recruté ! D’autres profils ont pris leur place ! Ce sont ceux-la (35 enseignants) qui posent problème justement aujourd’hui ! Durant la période 2002- 06, les licenciés en tamazight se sont vu refuser leurs demandes à maintes reprises alors que d’autres candidats, parfois sans diplôme ni qualification requise, continuaient à être recrutés en dépit des protestations et des mises en garde de l’inspecteur de tamazight, D. Arezki ( 2002-2007). Le 12 février 2006, une autre liste comportant douze autres licenciés en tamazight est adressée conjointement à la Direction de l’éducation de Bouira et au HCA pour signaler leur disponibilité et surtout le refus indirect de la DE de les recruter préférant reconduire chaque année les contractuels signalés plus haut ! Quand le problème commence à se corser, M. Merrahi, secrétaire général de cette institution s’est déplacé personnellement à Bouira où il a eu une entrevue avec l’actuel directeur de l’éducation. En vain. Il n’a même pas eu le réflexe d’associer l’inspecteur en poste qui aurait pu lui fournir des informations plus complètes. Passons ! Le problème aurait pu être évité facilement s’il y avait de la concertation et de l’écoute car les solutions existent bel et bien.
La DE a préféré la stratégie du pourrissement et la politique de l’autruche à la sagesse et à la raison. Durant l’année scolaire de la même année, l’inspecteur de la discipline a vainement tenté de mettre fin à l’anarchie et au désordre qui régnaient alors dans la Maison Tamazight en tentant, en solo, de sauver les meubles ou ce qui en restait par un vaste et ambitieux programme de formation et d’assainissement des rangs de cette discipline qui a atteint un stade critique ! La première décision fut de mettre fin au contrat de deux enseignants, pour incompétence avérée et négligence grave, suite à des visites d’inspection effectuées à l’improviste (les rapports écrits existent encore dans leurs dossiers et au niveau de la DE ). La décision de l’inspecteur était d’ordre éminemment pédagogique et relève de ses prérogatives !! L’ensemble des enseignants de tamazight a applaudi cette décision qui devrait être applicable de suite !
A la surprise générale, non seulement ces deux enseignants furent réhabilités sur décision administrative, pire encore, l’administration a créé un précédent grave ! Entre-temps, trois commissions mixtes (personnel, suivi de l’enseignement de tamazight et formation) – regroupant les représentants d’enseignants de tamazight au niveau national, du HCA et du ministère de l’Education nationale – ont vu le jour à l’initiative de HCA, pour discuter et résoudre un certain nombre de problèmes d’ordre logistique, pédagogique et administratif liés au développement de l’enseignement de cette langue dite nationale. Trois réunions ont eu lieu à Alger. Un certain nombre de problèmes liés au volume horaire par exemple a été résolu et a fait l’objet de l’émission de deux circulaires ministérielles limitant le volume horaire des enseignants à 18 heures et le nombre de divisions pédagogiques à six, alors qu’il était de 15 et plus. Le problème des contractuels de Bouira est évidemment évoqué et soumis à la tutelle qui ne comprenait pas qu’on en soit arrivé à cette impasse alors qu’à Béjaïa et à Tizi Ouzou le problème ne se posait pas. Le cas des enseignants recrutés en 1995 a trouvé son épilogue en 2001, y compris pour Bouira. Mais cette dernière aimait apparemment jouer les prolongations ! Après la grève de la faim des contractuels et la promesse du MEN de leur intégration, les trois commissions se sont rencontrées pour débattre des modalités pratiques, de leur formation éventuelle, etc. Les trois parties sont parvenues, courant 2007, à un accord et un compromis a été dégagé. Les concernés doivent fournir le dossier et les pièces nécessaires pour régulariser leur situation. Le chef du service du personnel actuel de la DE de Bouira sera même convoqué, séance tenante, à deux reprises pour complément d’informations. Concernant le volet formation, il a été proposé et décidé que les enseignants non licenciés suivent une formation à distance, eu égard la situation familiale de certains d’entre-eux, pour avoir le diplôme requis et exigé par la Fonction publique afin qu’ils soient en adéquation avec la réglementation en vigueur ! Depuis cette rencontre, aucune suite n’a été donnée et les commissions sont oubliées malgré l’insistance accrue du HCA. Le problème de tamazight et des contractuels de Bouira demeurent toujours en suspens. En attendant Godot, tout le monde est perdant dans cette affaire qui est loin de trouver son épilogue.
B. Hakim
