« Avec la quantité stockée, la pomme de terre restera à 25 DA »

C’est ainsi qu’il fait part du lancement de la campagne céréalière et des préparatifs de labours semailles entamés en août déjà pour éviter les erreurs du passé. En plus de cela, l’intervention de l’Union des coopératives agricoles (UCA) qui avait accordé un préfinancement en avançant la semence et autres aux céréaliculteurs avait fait que la production de cette année a carrément doublé par rapport aux années précédentes. En effet, il suffit que le céréalier adhère au programme et signe un contrat avec l’UCA pour que celle-ci l’approvisionne en matière première, achète toute sa récolte et déduise lors du payement de cette dernière le crédit accordé au départ. Beaucoup de rencontres, à travers les différentes régions de la wilaya, ont été initiées par la Direction des services agricoles en collaboration avec la CRMA, la BADR et autres acteurs pour informer les agriculteurs et céréaliculteurs de ces nouveaux dispositifs étatiques et les inciter à adhérer à cette nouvelle formule qui leur est bénéfique à plus d’un titre. Selon le premier responsable du secteur dans la wilaya, la bonne pluviométrie, qui a atteint 144 mm en septembre, c’est-à-dire à la meilleure période d’infiltration des eaux pluviales, présage d’une très bonne récolte prévue qui avoisinerait 7 100 hectares, soit 1 000 de plus que l’année passée. Toujours dans le même contexte, un nouveau système de régulation des produits agricoles de large consommation (Syrpalac) a été mis en place dans le cadre du Fonds national de régulation de la production agricole (FNRPA) et consiste en premier lieu à stocker la pomme de terre, produit de base par excellence, qui avait atteint des prix exorbitants dans un passé récent. Malgré les tentatives des services agricoles de sensibiliser les propriétaires de chambres froides d’adhérer à ce nouveau dispositif, seul l’opérateur Frigistock avait répondu présent et avait pu stocker 2 228 tonnes de pommes de terre en commençant à le faire le 10 juillet déjà. Maintenant il a commencé à déstocker, ceci depuis le 11 du mois courant, et avec l’arrière-production de novembre prochain, la pomme de terre sera disponible et aux prix moyen de 25 DA le kilogramme ceci pour un bon bout de temps. La quantité stockée par cet opérateur privé est l’excédent sur le marché qu’il fallait récupérer et d’ailleurs pratiquement 90% a été acquise dans la wilaya de Bouira, qui a tendance à devenir un pôle de la production de la pomme de terre.

L’aide de l’état, dans ce domaine, consiste en le payement de 1,80 DA le kilo et par mois les frais de stockage ainsi que l’assurance couvrant ce produit. Ainsi, assuré sur une éventuelle péremption de son produit et payé pour ses frais de stockage, le propriétaire des chambres froides gagnera, en plus, 25% de marge sur les ventes de la pomme de terre stockée sur la base de 20 DA/le kilogramme à l’achat et 25 DA à la vente. Pour faire un travail d’agréage rigoureux, une cellule technique composée de spécialistes a été installée afin de faire le suivi du stockage depuis son premier jour. En plus de cette dernière, le wali a procédé à l’installation d’une commission wilayale car il ne faut pas oublier que l’état accorde aussi un crédit, appelé RFIG, couvrant 40% de la valeur du produit acquis et stocké, toujours sur la base de 20 DA le kilogramme à l’achat, et remboursable au bout d’ une année, pouvant même être prorogé d’un semestre, à titre exceptionnel, en cas de force majeure. En un mot, le Syrpalac a été conçu pour prendre en charge la surproduction et la réguler, assurer le revenu du producteur et protéger le consommateur.

Ce fameux crédit sans intérêt, accordé pour le moment par les deux banques signataires de la convention avec le ministère de l’Agriculture, à savoir la BADR et la BNA, est destiné à tous les acteurs intervenant dans le domaine du développement de l’agriculture et a la particularité d’être reconduit dans le cas du payement à temps des échéances. Les services de la DSA et les banques concernées ne lésinent sur aucun moyen pour informer les agriculteurs de ces nouveaux dispositifs et ils espèrent que dans un premier temps, l’activité de stockage prendra un essor pour contribuer à la régulation des produits de large consommation et d’ailleurs, en plus de la pomme de terre, d’autres produits seront aussi stockés à l’avenir pour être régulés, ajoute Bouaziz.

A. Gana