Un collégien agresse son enseignant à El Adjiba

Depuis qu’il est opérationnel doit en 1991, le collège d’El-Adjiba n’a pas vécu une scène similaire à celle du mercredi dernier. Il était exactement 12 h, lorsque la sonnerie résonne pour quitter les salles de classe et permettre aux élèves de se rendre au refectoire pour la pause-déjeuner. L’enseignant des mathématiques, une vingtaine d’années d’expérience ne se doutait nullement de ce qui l’attendait. En arrivant sur le premier pallier, il fut surpris par une pluie de coups de poings et pieds sans pouvoir situer son agresseur. Ce dernier n’est autre qu’un de ses élèves qui s’est acharné sur lui avec une rare violence. D’autres collègiens criaient et une panique s’en est suivie. L’enseignant est tombé à terre, évanoui, le visage couvert de sang. L’élève s’est faufilé parmi la foule et quitta l’établissement. La victime a dû être transférée vers l’hôpiltal de M’chedallah pour recevoir les premiers soins. Ses collègues ont d’abord observé une demi-journée de protestation, puis ont adressé un rapport détaillé au chef d’établissement où ont été énumérés toutes les anomalies constatées depuis l’entame de la rentrée scolaire en cours. Ce geste qui a affecté l’ensemble du personnel du collège suscite moult interrogations au sein de la famille du secteur de l’Education. Où va l’école algérienne ?

Quelle serait l’attitude de cet enseignant qui, après plus de vingt ans de labeur se voit tabassé par son élève dans l’enceinte même de son lieu de travail ?

Ces formateurs qui ne savent plus à quel saint se vouer sont contraints, pour mener à bien leur mission, de se battre sur deux fronts : celui du technique qui leur permettra de s’adapter aux nouvelles réformes du système éducatif, et le volet de la discipline. Pour certains, ce dernier constitue pour eux une situation cauchemardesque-eu égard aux lois régissant ce secteur. L’un de ces enseignants nous dira: « Comment pouvez-vous vous comporter devant des élèves de 17 ans dans des classes de… 1ère année moyenne? »

Notons enfin que cet acte, s’il ne venait pas à être puni sévèrement, pourrait déboucher sur des situations regrettables. Sur ce, un autre enseignant enchaîne: « Faut-il faire appel à la méthode utilisée par la comédienne Beyouna dans l’un de ses sketchs pour rejoindre les salles de classes ? ».

M. Smail