Bouira veut en effet se rehausser au rang des grandes villes, pourquoi pas ? D’autant plus que ses responsables ne ratent pas une seule occasion pour rappeler que cette wilaya possède des atouts que d’autres régions n’ont pas. A commencer par son emplacement stratégique et ses ressources économiques. Ceci étant et à l’effet de pouvoir réaliser ce mégaprojet, pour le moins ambitieux, les autorités pensent depuis des années à créer de nouveaux quartiers et des extensions aux quatre coins de la cité et particulièrement vers la sortie Ouest où des étendues de terre sont toujours en jachère. Pour commencer, les services de l’aménagement urbain comptent lancer, dans un premier temps, la réalisation d’un boulevard considéré comme le plus important du fait qu’il traverse la ville de l’Ouest à l’Est sur plusieurs kilomètres. Celui-ci prendra comme point de départ le quartier Harkat du côté de l’hôpital. Les constructions dudit boulevard se succèderont jusqu’à la rue Bouabdellah du centre-ville et continueront jusqu’au rond-point au niveau de la route menant vers la commune de Haizer. Néanmoins, un projet d’une telle ampleur ne peut s’accomplir sans sacrifier des pans entiers de l’ancienne ville dont les commerces et les vieilles bâtisses de la rue Bouabdellah. Tout récemment les autorités locales et les initiateurs du projet avaient organisé une rencontre à la salle Errich dans le but de discuter des modalités à mettre en œuvre pour dépasser les entraves qui bloquent le lancement des travaux dudit projet.
La rencontre à laquelle avaient assisté les propriétaires et les anciens commerçants du centre-ville était des plus houleuses. Et pour cause, de nombreux concernés étaient contre la démolition devant toucher leurs maisons ou les commerces qu’ils occupent depuis l’ère coloniale. C’est du moins compréhensible, car il ne s’agit pas de remplacer les vieilles façades par de nouvelles ou d’octroyer de fortes indemnisations aux expropriés.
Certains propriétaires et autres citoyens, n’ayant aucun lien avec le projet de démolition, se sont élevés contre cette opération qui vise à « dénaturer la ville et lui arracher son cachet d’antan », estiment la majorité d’entre eux. En somme, c’est toute l’histoire de la cité qui sera “corrompue” si les quartiers de l’ancienne Bouira viennent à disparaître.
S. Soumia
