Les autorités locales d’Amizour ont rendu un vibrant hommage au martyr Mehdi Abdelhamid, avant-hier jeudi, avec la participation des compagnons de lutte du chahid, des citoyens et les proches du défunt. Cette cérémonie commémorative qui a coïncidé avec l’anniversaire du 1er Novembre est venue d’abord rattraper le retard d’un oubli inqualifiable et ensuite reconnaître la grandeur d’un homme de ce patelin qui même d’une vie courte est entré dans la cour des grands, celle de la lutte de libération.
Beaucoup des anciens maquisards de la wilaya III ayant témoigné lors de cet hommage ont confirmé que Si Abddelhamid-Azrou-N’bechar faisait partie des valeureux hommes de la révolution. Si non, comment expliquer la place que le premier chef militaire de la W3, le colonel Amirouche, lui a réservée auprès de lui.
Celle du garde du corps rapproché et d’un compagnon fidèle dans des missions périlleuses. Une tâche qu’il partageait avec Tayeb Mouri. Mahdi Abdelhamid a rejoint les maquis en 1955, alors qu’il n’avait que 20 ans, en refusant par là même de rejoindre l’armée française.
Ce jeune chasseur de gibier se retrouve le fidèle compagnon d’une figure emblématique de la révolution avec lequel il a effectué des missions en Tunisie. Après la mort de Amirouche, Si Abdelhamid est affecté à la zone 2 de la wilaya trois comme aspirant politique jusqu’à ce qu’il tombe au champ d’honneur le 14 décembre 1960 dans un guet-apens à Beni Mohli.
En ce premier hommage à cet homme tombé dans l’anonymat, une grande foule s’est rendue au village Ihayounen, qui a vu naître ce héros pour déposer une gerbe de fleurs sur sa tombe où ont été mis les ossements du martyr rapatriés en 1962. Des youyou fusaient de toutes parts au moment de la levée de l’emblème national et qui ont donné de la chair de poule à l’assistance. Ce qui prouve aussi que l’engagement de ce village dans la lutte de libération est grande. Amizour a réécrit en ce 54ème anniversaire du déclenchement de la révolution la réapproprition de ses symboles sacrés. C’est pour dire que chaque village de cette Kabylie est à lui seul une page de la révolution, car nos montagnes accouchent des héros, tel que Si Abdelhamid.
Gloire à nos martyrs.
Nadir Touati
