S’inscrivant dans une volonté d’unir les efforts des uns et des autres, le wali et l’exécutif ont rencontré les élus communaux pour asseoir les bases d’une démocratie – participative au service de l’intérêt général. Décidé à faire bouger les choses le nouveau wali de Bouira installé depuis seulement cinq mois met les bouchées doubles pour mettre en place les meilleures conditions à même de donner à cette wilaya un nouveau souffle et tenter de rattraper un retard accumulé depuis 1974, date de sa promulgation en wilaya. Dans le cadre de ce nouveau concept cher au département de Zerhouni, la démocratie – participative, M. Ali Bouguerra a convié les 30 directeurs de l‘exécutif à présenter les priorités de chaque département au niveau du chef-lieu de wilaya devant les membres de l’Assemblée populaire communale. L’objectif reste selon le premier responsable «une occasion pour conjuguer les efforts des uns et des autres dans la transparence la plus totale afin d’atteindre les mêmes objectifs. L’élu est choisi pour défendre les intérêts du citoyen et l’administration est là pour matérialiser ces intérêts…». Lors de la journée du jeudi et pendant plus de six heures une quinzaine de responsables des divers secteurs ont passé en revue les réalisations, les projets en cours et les perspectives pour le cours, le moyen et le long terme dans leurs domaines respectifs. Si pour certaines directions l’intervention est passée sans encombre, la Direction de l’urbanisme, la jeunesse et les sports ont irrité le premier responsable par leur passivité, leur nonchalance pour ne pas dire leur mépris pour le peuple. Plusieurs projets sont restés une encre sur du papier pour parfois des raisons douteuses. Un groupe algérien très en vogue ces derniers temps a acquis un terrain d’une superficie de 7 ha auprès d’un privé avec la ferme volonté d’y bâtir une grande surface d’envergure régionale. Toutes les parties concernées par cet investissement,- qui engendrera directement et indirectement quelque 1000 emplois,- ont cautionné le projet. La DUC, partie qui devait délivrer le permis aurait transféré le dossier au ministère pour avis.
Les directeurs conviés à présenter leurs priorités
Cette manière d’agir s’apparente à un blocage qui était monnaie courante dans cette wilaya. Pour l‘histoire l’ancien wali avait lors de diverses interventions lors des différentes sessions ordinaires devant les élus de l’APW annoncé l’arrivée d’une raffinerie qui devait créer pus de 6000 emplois. Cette annonce avec le temps finira par devenir un lointain souvenir légué aux calendes grecques. Le wali, après l’intervention du directeur du tourisme, s’étonnera devant un parterre de cadres et d’élus de cette décision de transférer un terrain réservé à la réalisation d’une mosquée en un terrain au profit d’un prometteur qui envisage de bâtir un hôtel de 50 chambres. L’argument du directeur que le wali qualifiera d’une «fetwa» de mauvais goût puisque le responsable du secteur justifiera le changement du terrain pour éviter la proximité entre la mosquée et le cimetière qui se trouve à une centaine de mètres du lieu de culte.
Le secteur de la jeunesse au menu d’une prochaine session de l’APW
En guise de réponse, le wali prendra la décision irrévocable d’affecter le site à la réalisation de la dite mosquée. Il en sera de même pour le siège de l’institut de musique qui prendra la place de l’ex.dépôt NAFTAL. L’intervention du représentant de la jeunesse et des sports sera un moment-clé qui mettra le premier responsable dans tous ses états. «Vos chiffres sont du tape-à-l’œil, vous n’avez aucune vision ou projection sur l’avenir… Quel but cherchez-vous et que faites-vous pour réellement développer le sport dans cette wilaya ?» Un rendez-vous est pris pour les jours à venir au sein de l’APW pour un débat approfondi sur ce secteur. L’intervention de la Direction du commerce permettra de revenir sur les dernières opérations d’éradication des baraques et des marchés anarchiques qui sont depuis des années un fait admis au chef-lieu de wilaya. L’action entreprise depuis quelques jours et concernant la suppression des couvertures de devanture des magasins et le squat de la voie publique par des commerçants qui exposent leurs produits sur les trottoirs continuera et sera généralisée. «Aucune exception ne sera tolérée… pour être plus concret, il est impératif de limiter l’opération dans le temps en fixant un délai d’exécution. Passée la date butoir le commerçant s’exposera à des sanctions…» Comme pour terminer sur une note optimiste, le directeur du centre universitaire dressera un bilan d’une rentrée plus que satisfaisante. Les cours pour les 9400 étudiants inscrits ont débuté le 4 septembre d’une manière plutôt timide à cause du ramadhan. La réhabilitation de l’ex-ITE a permis de réduire la pression sur les places pédagogiques puisque l’équation sièges -nombre d’étudiants est conforme aux normes admises. L’acquisition de l’ex-dépôt EDIPAL et sa transformation en restaurant universitaire est un autre pas dans la démarche pour dispenser une meilleure prise en charge des inscrits dans les cinq départements en attendant le pôle universitaire pour lequel la wilaya a dégagé une assiette de 54 ha. Sur cette note positive la réunion a pris fin et un rendez-vous est donné pour le mois de janvier où les élus de la commune auront la parole pour présenter des constats sur la réalisation de ces projets et des suggestions pour l’avenir.
M.A
