Ainsi, en plus de certaines commodités qui leur manquent, leur couverture sanitaire accuse un grand déficit notamment le service de la maternité. En effet, cette commune a bénéficié d’une maternité rurale seulement celle-ci n’a jamais fonctionné.
Et pourtant, les autorités de M’kira ont à maintes reprises sollicité les ministres qui se sont succédés à la tête de ce département, en vain. Il y eut quelques promesses. La seule qui a été entérinée est l’affectation d’une ambulance médicalisée pour le centre de santé.
« Il y a eu le matériel nécessaire pour son fonctionnement. Même la literie existe au sein de cette maternité », nous a confié une source locale. Et d’ajouter : « le manque de personnel notamment les sages-femmes et un médecin permanent ne permet pas sa mise en service. Même avec des sages-femmes, elle pourra rendre d’énormes services aux mamans. Depuis qu’il y a une ambulance bien équipée, il est possible de faire des évacuation vers Draâ El Mizan lorsque la situation s’impose ».
Aujourd’hui, en dépit des maigres revenus des ménages, pour accoucher une femme doit être acheminée soit à Draâ El Mizan, ville distante de certains villages de M’kira à plus de trente kilomètres ou soit encore vers Bordj Menaiel avec tous les dangers encourus sur les routes. « Il n’est pas donné à n’importe quelle future maman de se payer un accouchement chez un privé.
Et puis, n’oubliez pas que la plupart de nos citoyens trouvent du mal à joindre les deux bouts », nous a dit un élu. Quant au passage du médecin généraliste, il ne se fait qu’une fois par semaine à tour de rôle dans les unités de soins éparpillées sur le territoire de la commune. Même à ce niveau, depuis le passage à la nouvelle gestion à savoir une dépendance des établissements publics de la santé de proximité dans le siège est à Boghni, les infirmiers responsables de ces dispensaires rencontrent des difficultés à répondre à la demande des patients. En tout cas, la couverture sanitaire est loin d’égaler la norme nationale quand on sait qu’en principe il faut un médecin généraliste pour 1200 habitants ou encore un dentiste pour 2500 habitants. Pour les M’kiris, la mise en service de cette maternité urge car elle n’a que trop tardée.
Amar Ouramdane
