Des pluies diluviennes se sont abattues toute la journée du samedi, sans discontinuer, causant quelques désagréments. En ville, les espaces creusés par la conduite de gaz ont perturbé l’écoulement des eaux de pluie qui s’étalaient en nappes épaisses sur la chaussée et ont envahi par endroits les trottoirs. C’es dans les agglomérations rurales surtout que se voient les dégâts induits par ces intempéries. Les rues et ruelles sont envahies par de véritables ruisseaux, charriant du gravier et du sable entreposés pour la construction. Les canaux traditionnels (thihamel) qui jadis partageaient les eaux de ruissellement à travers toutes les parcelles ont été obstruées par des propriétaires en déficit de civisme. Pendant des siècles, pourtant le système fonctionnait de manière très efficace, grâce à l’autorité redoutée des assemblées de villages et le libre consentement de tous, imbus du bien commun. Et les accès intérieurs ou extérieurs des agglomérations ne subissaient pas de dégâts significatifs. Ils étaient même entretenus régulièrement grâce à la pratique de thiwizi. L’état actuel de nos accès ruraux est une preuve que les temps ont bien changé. La pluie, non domestiquée faute de canaux d’écoulement, détruit les pistes et dégrade l’environnement rural. Les prévisions météorologiques annoncent encore de la pluie, modérée toutefois, pour les deux prochains jours. Mais les habitants s’inquiètent tout de même de l’éventualité de pluies de grande ampleur.
M. Amarouche
