Vers le repeuplement de la localité

Dispatchés à travers les zones urbaines, les Ait Kharoun n’ont pas totalement coupé le cordon avec leur village natal qu’ils retrouvent d’ailleurs à chaque saison agricole de labour, moisson, cueillette de figues et surtout des olives, qui rendent cette bourgade de plus en plus vitale et attirante.

A l’occasion de l’ouverture de la saison de la cueillette des olives, les nostalgiques de targua Ouirane, et comme à l’accoutumée, ont effectué un pèlerinage le samedi passé au cœur de leur ancien village pour organiser une Louziaâ, un rite ancestral pour célébrer cette inauguration agricole.

Un bœuf est immolé et, la viande est distribuée en parts égales au nombre de familles toujours attachées à cette paisible localité. Dans une ambiance de retrouvailles, les débarqués ne se contentent pas de faire leurs emplettes mais à s’organiser en Tajmaât pour débattre des problèmes du village, mais surtout proposer des solution nécessaires pour le retour au bercail.

Cette action est à l’initiative de l’association sociale du village dénommée les neuf martyrs, cette dernière est considérée comme un trait d’union entre les villageois en exil et les résidants pour créer un cadre de vie dans ce village qui commence à avoir l’âme.

Le projet pilote du programme PPDRI lancé en 2002 par le ministre délégué à l’agriculture ayant effectué une visite jusqu’à cette contrée a encouragé les villageois en exil à retourner au village natal et réactiver l’agriculture rurale. 6000 oliviers ont été plantés et l’on découvre aujourd’hui les bienfaits de ces arbres. Cependant, une dizaine de logements ruraux sont construits et si le projet aurait été suivi par les pouvoirs publics comme il est souhaité par les citoyens ce bourg aurait connu un repeuplement spectaculaire et une métamorphose totale, car ce patelin ne manque pas d’histoire ni de géographie pour faire parler de lui. Les paisibles habitants ne cessent de clamer leur désir de revenir à ce village à condition de leur offrir un smig de moyens vitaux. Ils ne demandent pas la lune, seulement une route carrossable et l’achèvement des projets du programme PPDRI, notamment la retenue collinaire, les bassins d’eau pour l’irrigation et la fontaine publique du village laissée en ruine.

L’exode rural devenu une véritable problématique pour les villes surpeuplées et saturées et les villages désertés peut être stoppé si les pouvoirs publics s’engagent à mener à terme des projets de développement rural, comme c’est le cas à Targua Ouirane prêts à ouvrir ses bras à ses propres enfants partis pour fuir l’isolement.

Nadir Touati