Longtemps restée en marge des différents plans du développement de l’habitat et de la construction, la commune de Sidi Naâmane accuse de ce fait un énorme déficit en la matière. C’est ainsi que le “quota” de rattrapage de 20 000 logements ruraux décidés par le président de la République lors de sa visite à Tizi Ouzou, a fait bénéficier la commune de près de 500 unités. Dès le départ des citoyens ont manifesté un énorme engagement dans cet effort de construction et surtout d’éradication de l’habitat précaire dans les villages. Mais il faut relever que comme d’habitude, l’aide généreuse de l’Etat, s’accompagne inévitablement de bureaucratie lourde et souvent rebutante parfois de corruption.
En effet, le candidat à l’aide de l’Etat fixée dans un premier temps à 50 millions de centimes est confronté à une “procédure paperassière” lourde. Il est exigé au citoyen un titre de propriété du terrain à bâtir. Or, la Kabylie est notoirement connue par l’absence quasi-totale de Cadastre et le candidat à l’aide de l’Etat posséde donc rarement un titre de propriété. L’administration a dû donc rabaisser son exigence à la présentation d’un simple certificat de possession.
Ce simple titre établi auprès de l’APC, demande, en plus de l’expertise foncière, une longue attente de 3 ou 4 mois pour être établi ! Le parcours pénible continue avec l’exigence d’un plan d’architecture du lancement des travaux pour la fourniture de la première tranche de l’aide. Le citoyen doit donc engager un minimum de 10 millions de centimes pour percevoir une première somme d’un montant global fractionné en trois étape, afin de faciliter le contrôle. A cette procédure “tatillonne” est venue s’ajouter la crise des matériaux de construction de l’été dernier. En effet, dans un mouvement spéculatif et coordonné, les prix des deux matériaux principaux (le fer et le ciment) ont connu une augmentation spectaculaire ! Le sable malgré la proximité de son lieu d’extraction (oued Sebaou) suit le mouvement… Que dire alors d’une main-d’oeuvre devenue, sous l’effort de la demande, rare et chère. C’est dans ce sens que l’augmentation de l’aide étatique à 70 millions est perçue comme un vrai soulagement. Après un court moment de découragement, l’effort a repris, faisant de la commune un immense chantier et de l’opération d’aide à l’habitat rural, la première et unique initiative de développement local réussie !
Ahmed Bouammar
