La viande blanche, dernier refuge protéique du citoyen, atteint les 320 DA et rien ne prédit une baisse, à court terme du moins. Le plateau d’œuf caracole de nouveau… Un œuf vaut plus de 10 DA. Pourquoi cette hausse spectaculaire, dont rien ne prédit le reflux ? Les causes, selon les aviculteurs, sont multiples mais résident essentiellement dans les hausses successives du prix des aliments, des poussins d’un jour ainsi que de la poulette démarrée.
Le poussin d’un jour est « monté » jusqu’à 80 DA l’unité, soit une augmentation de 30 DA l’unité en une année ! La poulette démarrée de 22 semaines est vendue à 400 DA l’unité. L’aliment pour pondeuse a également subi une augmentation, atteignant 3 800 DA le quintal.
Au vu de tous ces éléments, il ressort que l’installation d’un élevage aviaire nécessite une trésorerie solide. Amar, aviculteur à Larbaâ Nath Irathen, a renoncé à renouveler son élevage cette année. « Je n’ai pas les moyens de réinstaller une bande de pondeuses, vu les prix de la poulette et de l’aliment ».
En effet, les frais primaires pour l’installation d’une batterie de 2400 poules pondeuses s’élèvent à au moins 100 millions de centimes, en comptant uniquement le cheptel et 20 qx d’aliment pour le démarrage.
L’élevage de poulets de chair est délicat, en raison des soins que nécessitent les poussins en croissance : une température à surveiller constamment, une hygiène parfaite, une alimentation graduelle, équilibrée, sans à coups, et une alerte rouge au moindre signe de maladie.
Dans ce milieu chaud et humide, une maladie non décelée à temps prend vite des allures d’hécatombe. Il y a des aviculteurs qui ont tout perdu en trois jours.
Avec les hausses des aliments et du poussin, ce type d’élevage devient une aventure financière. Beaucoup d’éleveurs ont arrêté du moins temporairement l’activité, il y a donc moins d’œufs et de poulets sur le marché et c’est ce qui explique la flambée constatée ces derniers jours.
Et les critères d’accès bancaires ne sont pas pour arranger les choses. Les aviculteurs, et les agriculteurs en général se plaignant à ce qu’il n’existe pas une sorte d’exception agricole, qui accorderait à cette activité si primordiale mais si fragile, des conditionnalités au crédit, moins contraignantes.
M. Amarouche
