C’est comme un sentiment du devoir accompli qui se lisait, hier, au lendemain de l’Aïd, à travers les villes et villages de la wilaya de Tizi-Ouzou. La satisfaction est celle surtout d’avoir « réussi » à passer l’Aïd dans la dignité. « Dieu merci tout s’est bien passé, j’ai égorgé un mouton et j’ai pu habiller mes enfants » nous dira un citoyen heureux.
En somme, c’est comme si on venait de se débarrasser d’un lourd fardeau qui pesait sur les épaules pendant une longue durée. En effet, la fête de l’Aïd présentait pour plus d’un une assez rude épreuve qu’il ne fallait pas rater pour rien au monde. Ainsi, avec leurs maigres moyens, nombreux sont ceux qui se sont mis à préparer l’occasion depuis des mois, en procédant à quelques économies qu’on mettait de côté afin de s’en servir le jour « J ». En effet, malgré la flambée des prix des différents produits nécessaires pour célébrer cet évènement, dont en premier lieu le fameux mouton qui a atteint des seuils faramineux, les Tizi-Ouzéens ont pu fêter l’Aïd dans la joie. La joie que procure le fait d’avoir réussi à faire comme tous les autres. Bien entendu, ce n’est pas tout le monde qui a pu quand même réussir dans cette mission, puisque on dénombre aussi ceux qui n’ont pas eu la chance d’égorger à cause de leur situation qui ne le permettait pas. Néanmoins, leur détresse n’égalera pas celle de ces misérables qui ont passé les fêtes dans la rue, en proie au froid glacial. Quoiqu’il en soit, Tizi-Ouzou s’est « débarrassée » hier d’un fardeau pour reprendre sa vie habituelle après avoir marqué un temps d’arrêt de deux jours. La ville était presque désertée. Pratiquement tous les magasins étaient fermés à tel point qu’un hôte de passage ne pouvait pas trouver un seul restaurant ouvert.
Elles étaient rares aussi les cafétérias ouvertes… Il est certain, cependant, que Tizi-Ouzou renouera aujourd’hui avec l’ambiance et les brouhahas.
M. O. B
