Le rodage et le nettoyage de l’huilerie se sont opérés depuis déjà plusieurs semaines et les machines n’attendent plus que les olives pour tourner à plein régime. Ce qui ne saurait tarder. Les ouvriers se préparent à travailler par équipe pour que le pressoir tourne sans discontinuer « H 24 » comme on dit. Les sacs remplis d’olives atendront leur tour devant le pressoir qui travaillera à cette cadence, pendant plusieur mois.
Officiellement, c’est à partir du 15 décembre qu’une commission d’hygiène devait faire le tour des huilerie pour constater que les régles minimales y sont respectées. Cependant, les chutes de neige coÏncidant avec ces sorties ont contrarié le programme.
Les huileries modernes, de construction récente, peuvent se prévaloir d’offrir une certaine propreté, visible d’ailleurs au niveau du bassin de décantation recouvert de faïence. En revanche, les quelques pressoirs traditionnels qui subsistent, dans certains villages, continuent de travailler comme au bon vieux temps. Leurs propriétaires louent la qualité du produit pressé avec des moyens rudimentaires pendant que d’autres mettent en avant d’autres avantages offerts par leur maison. Ainsi, nous dira l’un d’eux, à quantité d’olive égale, nous recueillons plus d’huile qu’avec les moyens traditionnels. Cependant, ils sont tous d’accord sur le fait que cette année, les meules traiteront beaucoup plus d’olives qu’elles n’en ont écrasées depuis plus d’une décennie. Les paysans ne cessent de parler de l’abondance de la récolte et se hâtent de ramasser leurs olives dès qu’une éclaircie le leur permet. Tout le monde met à profit les vacances scolaires pour se faire aider par les enfants qu’on dit très habiles pour ce genre de tâche.
Tous les membres de la famille s’impliquent dans une sorte de Thiwzi où chacun met un point d’honneur à ramasser plus de fruits que les autres. Pourvu que la météo ne s’en mêle pas pour ne pas gâcher la fête. Il faut dire que les journées de mauvais temps ont beaucoup ralenti leur travail. Chaque soir, on scrute l’horizon et on attend la météo, en croisant les doigts pour que le temps soit clément.
A. O. T.
