La réunion d’Oran de l’Opep et la décision de réduire la production de 1,5 million de barils par jour n’a pas freiné la chute des prix de pétrole. Ainsi, l’or noir a atteint la barre « fatidique » des 35 dollars, hier. Les répercussions de la baisse des prix de pétrole seront terribles sur les économies de beaucoup de pays, dont l’exportation des hydrocarbures est leur seule rente.
L’Algérie, qui figure parmi ces pays, risque de se retrouver coincée entre un financement massif de grands projets engagés par l’Exécutif, contenu dans la loi de finances 2009 basée sur un prix de référence à 37 dollars le baril et « le minime » apport financier qui découlera des recettes des hydrocarbures. Le chef de l’exécutif, Ahmed Ouyahia, lui lors de la présentation du plan d’action du gouvernement, a estimé que “le danger auquel fait face l’Algérie ne réside pas dans la réduction des prix du pétrole mais dans son épuisement”. Ces assurances peuvent paraître fatalement désuetes, vu l’économie algérienne, et a fortiori devant la décision prise récemment par le Conseil des ministres de poursuivre le financement des projets engagés dans le plan quinquennal actuel.
Les multiples crises qui secouent les économies dépendantes des exportations des hydrocarbures conduiront-elles les décideurs de ces pays à réfléchir sur la manière de se libérer de cette dépendance ?
La quasi-totalité des revenus extérieurs de notre économie est générée par les hydrocarbures, hormis quelques portions incongrues produites par d’autres secteurs. Cet état de fait a fait que les importations algériennes “sont passées de 12 milliards de dollars à 35 milliards de dollars en 2008”, chiffre donné par le Premier ministre, jeudi dernier lors du vote du Plan d’action du gouvernement, qui prévoit, entre autres, le maintien de la dynamique enclenchée par les pouvoirs publics afin de finaliser les projets de grande envergure déjà entamés. Si la chute des prix du pétrole persiste, le gouvernement se retrouvera-t-il devant l’obligation de réduire les dépenses publiques ou puiser dans les réserves de changes ? Nul ne peut assurer le contraire, notamment les résultats de cette situation sur les impôts ordinaires, dont seuls les citoyens payeront les conséquences. Et sur un autre volet, si la crise mondiale persiste et si les grandes économies vacillent, même celles non structurées dans la dynamique économique mondiale seront tirées vers la bas par une crise qui s’annonce aiguë.
Cette “occasion” est encore offerte comme une opportunité pour une meilleure prise de décision concernant l’avenir de l’économie algérienne et la création d’une base solide loin de la rente des puits de pétrole qui menacent de tarir.
M. Mouloudj
