Abattage sauvage des arbres

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La commune d’Ait Yahia Moussa ne voit aucun projet en matière de gaz naturel pour le moment bien qu’on parle de soixante quatre kilomètres de tuyauterie. Comme l’hiver de cette année s’annonce particulièrement rude, les habitants de cette commune dont la plupart est confinée dans les zones rurales se débrouillent tant bien que mal pour se chauffer. Ainsi, si les plus nantis utilisent le gaz butane qui n’est pas à la portée de tous, presque la totalité de cette population de vingt mille habitants recourt au bois. Certes, les villageois le ramassent comme dans les temps anciens en défrichant leurs champs, mais d’autres l’achètent. L’affaire est du côté de ces braconniers s’il convient de les nommer ainsi. De bon matin, des bruits stridents de coup de haches, de scies et de tronçonneuses arrivent de partout. Cependant, le territoire qui subit ce massacre reste celui appartenant au secteur de la Conservation forestière. Du côté d’Ait Yahia Moussa, cette réserve occupe une grande surface. Depuis l’avènement du terrorisme, ces forêts ne sont plus inspectées par les services forestiers en raison de l’insécurité qui y règne. “Les gens qui greffent les aléastres d’oliviers sauvages ne me gênent pas, ce qui me taraude sont ces personnes qui abattent impitoyablement tout sur leur passage dans le seul but de gagner de l’argent”, dira un citoyen d’Ighil El Vir. Cette personne nous a appris qu’il y a certains qui sont devenus les maîtres des lieux au péril de leur vie. Dans cette localité, une benne de tracteur est cédée entre cinq mille et sept mille dinars. Il est difficile aujourd’hui de surveiller ce vaste territoire, mais les défenseurs de la flore et de la faune demandent à ce qu’un moyen soit trouvé pour mettre un terme à ce massacre. “Si en été ce sont les feux de forêts, en hiver, ce sont les braconniers. A quand la fin de ce massacre ?”, s’est interrogé un autre citoyen.

Amar Ouramdane

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