« Il y a ainsi très longtemps qu’on n’a pas vu les oliviers courbés sous le poids des olives. Même pour le rendement au quintal, il sera appréciable car les grains ont bien mûri », nous a dit un citoyen d’Ath Itchir. Ce dernier nous a appris que même les olives cueillies prématurément ont un rendement appréciable. « Soixante-cinq kilos ramassés juste au début pressés dans une huilerie moderne de Tamdikt ont donné seize litres d’huile », telle est la déclaration recueillie auprès d’un oléiculteur de ce village.
A Ath Itchir, les femmes recourent en ce début de saison à la méthode traditionnelle utilisée pour le broyage des grains. Pour ces femmes, c’est une façon d’obtenir l’huile vierge recommandée pour soigner de nombreuses maladies.
Dans cette région, la plupart des citoyens participent cette année à cette cueillette. « Il y a même des cadres qui habitent Alger et dans d’autres villes qui sont venus avec leurs familles pour ramasser leurs olives. En tout cas, cette année revêt un cachet particulier.
Il suffit de traverser en fin de journée n’importe quel village pour revivre les scènes d’antan. On dirait qu’on lit l’extrait raconté par feu Mouloud Mammeri dans La colline oubliée au sujet de la cueillette des olives. Vraiment, c’est très beau à voir », nous raconte ce nostalgique des années 70 quand les citoyens ne vivaient que de cette récolte.
Nombreux sont les oléiculteurs qui estiment que les rendements seront très importants cette année. « L’année dernière, un litre d’huile était vendu jusqu’à quarante dinars. D’ailleurs, nous avions oublié le goût de ce produit.
Si nous ramassons ces olives, ce n’est pas seulement pour vendre l’huile, mais beaucoup plus pour la consommer à volonté », dira cet autre citoyen. Les oléiculteurs recourent beaucoup plus aux huileries modernes. « C’est propre. Et puis, il faut dire qu’il vaut mieux payer au quintal pressé que de troquer de l’huile pour cette opération », conclut un dernier intervenant.
A. O.
