La femme pourra choisir son wali

Même si la mouture finale de l’ordonnance portant l’amendement du code de la famille n’est pas encore rendue publique, les changements apportés à ce code que la société civile et la classe politique ont découvert à travers le communiqué du Conseil du gouvernement et la presse nationale, le débat est toujours persistant autour de ce code qu’aucune volonté politique n’a eu le cran d’y apporter les changements nécessaires sans s’attirer les foudres des islamistes et des conservateurs. Maintenant que le texte est amendé, le débat est passé à l’évaluation des acquis et à ce que cela a apporté à la femme et par là-même à la société algérienne. Hier, le débat a été ouvert lors de l’émission Tahaoulat de la radio chaîne I à Mme Satour de l’association Rachda, Mme Salhi du comité national des femmes travailleuses, Mme Nâamani de l’Union nationale des femmes algérienne (UNFA), et Mme Si Amer, avocate pour discuter du sujet. Les quatre dames étaient unanimes à exprimer leur contentement quant à cet amendement qui a trop tardé à venir en dépit de quelques reculs enregistrés par rapport à la mouture préliminaire proposée par Ouyahia. Mme Nâamane a salué la révision de certains articles qui ont eu des répercussions désastreuses sur les libertés des femmes et handicapé leur épanouissement. Elle estime que le temps est venu pour que le code de la famille « accompagne les mutations sociales, économiques et culturelles de la société algérienne ». Elle ajoutera que ce texte n’a rien de sacré et s’interrogera sur les voix qui « ne crient au scandale et à l’atteinte à l’islam que lorsque les femmes revendiquent leurs droits »La question du wali (version du tuteur gardée même en français) qui a fait coulé beaucoup d’encre a eu la part du lion dans les débats et toutes les interventions s’étaient focalisées autour de ce point très sensible que même les coutumes ancestrales ancrées dans notre société ont consacré d’une manière très profonde. Mme Si Amer qui a présenté sa lecture technique et juridique de ce point a expliqué qu’une grande avancée a été enregistrée, car comparativement à l’ancien texte qui stipule que « la présence du wali est une condition à l’accomplissement du mariage et que sans le wali l’acte est annulé » alors que dans le texte actuel, la femme majeure a le droit de conclure son contrat de mariage en présence de son wali qu’elle pourra d’ailleurs choisir « Donc, selon la juriste « l’obligation a été levée et le wali est considéré comme un témoin dont la présence est plutôt un honneur qu’un tutorat ». Concernant la question de la polygamie, elles ont estimé qu’elle est une insulte pour la femme et qu’elle n’a même pas le droit de cité en 2005, mais que les conditions obligatoires et objectives posées et qui exigent le consentement de la première femme et le constat du juge freineront l’avancée de la polygamie. A la fin, elles ont salué les acquis arrachés en matière de l’obligation de mettre un logement à la disposition de la femme qui a la garde des enfants, l’obligation de fournir un certificat médical pour les deux époux et l’annulation du mariage par procuration.

H. Hayet