2008, l’année des reflux…

L’année 2008 a été marquée par la hausse vertigineuse des prix des produits de large consommation, notamment durant le premier semestre de l’année 2008. Des augmentations qui sont soutenus par la faiblesse du dollar devant l’euro, cette situation a donné le tournis aux consommateurs. En effet, la question du pouvoir d’achat des Algériens se fait de plus en plus ressentir au point de rendre le climat social des plus dégradés. Nonobstant l’aisance financière de notre pays, d’autant plus que les réserves d’échange ont atteint l’apogée cette année, avec plus de 150 milliards de dollars, grâce bien sûr au cours du pétrole qui flirte avec les 100 dollars la moyenne. Pour rappel, notre pays importe 80% de ses besoins alimentaires, puis il les « input » pour faire tourner son économie. Cette politique a subité de plein fouet la hausse des autres matières premières, mettant ainsi à nue l’inefficacité des politiques économiques de notre gouvernement. Une politique qui a engendré le divorce entre une aisance financière jamais vue, et une inquiétante régression économique et sociale. La panne est bien réelle, et le climat social gronde face à un appauvrissement « servile » de pans entiers de la société algérienne. En dépit d’une augmentation mitigé du SNMG, il reste néanmoins que le pouvoir d’achat des Algériens ne cesse de reculer, d’autant plus que le retour de l’inflation a entraîné une nette détérioration du pouvoir d’achat de la majorité des Algériens- sauf bien sûr les députés-. En effet, devant cette situation critique, le gouvernement algérien fait toujours la sourde oreille devant les protestataires de tous les secteurs, soit les enseignants, les praticiens de la santé, les vétérinaires, ces derniers qui ne demandent qu’une vie digne. Nonobstant tous ces ennuis socioprofessionnels, le gouvernement a tourné le dos à ces mécontentements sociaux sans précédent et s’affaire à préparer des échéances politiques « le troisième mandat pour le président Bouteflika », qu’il juge plus digne d’intérêt. D’autres parts, les salariés de la Fonction publique, qui ont frappé à toutes les portes, ne sachant plus aujourd’hui à quel saint se vouer, ces derniers ne réclament que leurs droit, à savoir une réelle revalorisation des salaires, et une véritable réforme globale pour la promotion de leurs droits socioprofessionnels. Pour cela, le gouvernement algérien, doit faire face aujourd’hui à tous ces maux ; sociaux, culturels et politiques, afin de générer une croissance durable, et d’atténuer ainsi le chômage et la pauvreté qui ne cessent de prendre des proportions alarmantes. Le pays ne doit pas se limiter à son économie qui est basée essentiellement sur la rente pétrolière. D’autre part, la crise économique qui est en train de secouer le monde entier depuis le mois d’août, « exceptera »-t-elle vraiment notre pays ? D’autant plus que notre gouvernement estime que l’Algérie est toujours à l’abri. Nous espérons que c’est la réalité qui se prononce.

Que de maux…

Par ailleurs, cette crise économique qui a engendré une récession mondiale, l’effondrement des grandes banques, et la fermeture des grandes entreprises mondiales, cette situation s’est répercutée positivement sur les prix des produits alimentaires de large consommation. D’autant plus que le prix des matières premières de large consommation a connu des baisses sensibles. Cette situation a permis l’amélioration du quotidien des Algériens. A titre d’exemple les prix des produits alimentaires ont enregistré une baisse de 3,5% depuis juin 2008, la pomme de terre a baissé de 9,1%, les viandes rouge et blanche de 0,4%, le sucre et les produits sucrés de 6,4%. En dépit, de ces baisses sensibles, il reste que les Algériens n’ont pas réellement bénéficié de cette aubaine comme cela a été le cas sous d’autres cieux.

Le pouvoir d’achat des Algériens réduit de 40%

D’autre part, il y a lieu de rappeler que le premier semestre de l’année 2008 a connu des hausses vertigineuses des prix des produits alimentaires. La plus forte hausse est à mettre à l’actif des huiles et graisses qui ont augmenté de 44, 8% durant le premier semestre 2008. Le café, le thé, et les infusions ont connu de leur côté une hausse de 29,2%. Les produits agricoles frais ont connu entre les deux périodes de référence une hausse de 4,5 % mais connaissent une baisse de 8,5% durant les mois de mai et juin.

Cette baisse est également ressentie entre juin 2007 et juin 2008 avec -6,8% selon l’ONS. En outre, les statistiques de ses six derniers mois démontrent une hausse globale des prix des boissons non alcoolisée qui enregistrait la plus forte hausse avec 9,3 % entre mais et juin 2008, alors que les prix des produits alimentais ont flambé de 14,5% par rapport à la même période de 2007, en raison de leur forte dépendance des intrants importe qui connaissent une flambée au niveau des marchés mondiaux. Pour leur part, le pain et les céréales ont augmenté de 9%, les volailles et œufs de 7,7 %, le lait et le fromage de 9,8 %, les légumes de 7,6% les plus fortes hausses sont le fait des fruits frais avec 19,3%, du poisson frais avec 17,5% des œufs 11, 8 % la viande de poulet avec 6,5%. Les prix des produits manufactures n’ont augmenté que de 0,1% en juin 2008 et de 0,9% durant le premier semestre 2008. Alors à vos poches Algériens.

…2009, sera -t- elle une copie de l’année précédente ?

La politique agricole ne semble pas être en adéquation avec celle du secteur agroalimentaire qui reste dépendant toujours des importations des matières premières, alors que l’agriculture est orientée vers la satisfaction des consommateurs en produits maraîchers et autres fruits. Cette situation augmente malheureusement la facture des importations et la parité euro-dinars. Pour cela, l’année 2009 s’annonce comme étant celle où le pouvoir public dépensera le plus en subventions (168 milliards de dinars hors eau et énergie) mais il reste que cette situation est menacée par la baisse des prix du marché pétrolier. Les Algériens ne peuvent plus se permettre, indéfiniment, de subventionner leurs besoins. Il est clair que l’option économique du marché ne semble pas être remise en cause par les pouvoirs publics, d’autant plus que le pouvoir d’achat des Algériens se trouvaient dégradé pour ne pas dire effondré. Alors les appels à une autre politique économique se font de plus en plus nombreux sans que cette nouvelle option ne soit réellement définie. Par ailleurs, la création d’emplois connaît la même situation que celle des matières premières. Pour cela, est selon notre source d’informations, le gouvernement algérien va dépenser 42,5 milliards de dinars pour la création de 400 mille emplois dans le cadre du dispositif d’aide à l’insertion professionnelle.

En somme, le recul, et la dégringolade du pouvoir d’achat des Algériens, angoissent au plus haut point les citoyens qui ne cessent de s’en plaindre. Enfin, il est clair que les résultats réalisés dans les équilibres macro-économiques dont les gouvernants se gargarisent ne sont pas dus à des prouesses de gestion mais à des facteurs exogènes liés à la hausse des cours du pétrole. Alors, il est temps de réfléchir à l’après-pétrole, et à la bonne gouvernance qui fera de l’entreprise le moteur de la création de richesses et l’homme le pilier de toute réforme, d’autant plus que la cette crise économique a mis à nu la fragilité de notre économie rentière.

Maouchi Yahia