Un olivier multicentenaire défie le temps

Oui, même les enfants sont de la partie, servis qu’ils sont par des vacances hivernales propices aux belles escapades champêtres.

Sur le flanc sud du massif de Aïn El Hammam dressé en face de la chaîne du Djurdjura, les habitants du village de Taourirt-Amrane sont depuis la mi-décembre tout affairés à se rendre dans leurs champs pour récolter les olives. Les premières journées ont été consacrées à ramasser les olives tombées par terre après les vents violents du début du mois de décembre, car un séjour trop prolongé sur le sol peut altérer leur qualité. Pour cette année, tout le monde parle d’une production exceptionnelle qui, sûrement, va faire oublier la médiocre récolte de l’année passée et qui avait fait monter le prix du litre de l’huile d’olive à 400 dinars. Il est vrai que la faiblesse de la production de la campagne passée a été aggravée par les incendies de forêts qui ont emporté des milliers d’oliviers et de figuiers à travers toute la Kabylie. Parmi les oliveraies de Taourirt Amrane dispersées en lopins sur les collines allant de 1 000 m d’altitude jusqu’à moins de 600 m, celle d’Ikhelfounène appartenant à la famille Ath Bousaâdène abrite un énigmatique sujet de par son envergure actuelle et son histoire qui reste peut-être à connaître. Car, da Akli, le propriétaire qui a hérité de ses parents cette propriété, voudrait bien se faire élucider l’histoire de ce bel arbre qui paraît défier le temps et les hommes. D’un port gigantesque, l’olivier possède un diamètre moyen dépassant 2 mètres, soit un pourtour d’environ 7 mètres. Les parois de son tronc présentent un relief tourmenté percé d’une multitude de creux. Le volume de certains de ces abris est si étendu qu’il les fait communiquer entre eux et probablement vers la partie racinaire. D’un de ces trous, da Akli a retiré un vieil outil tranchant qui, d’après lui, aurait servi aux opérations d’exploitation de liège. Dans cette propriété du lieu-dit Ikhalfounène, l’arbre énigmatique occupe le milieu d’une oliveraie constituée d’une quarantaine de sujets. Nous sommes sur le flanc est du village Agouni n’Teslent, au bas du virage le plus aigu de la piste. Les propriétés de Taourirt Amrane s’enfoncent jusqu’en plein territoire de ce village voisin. En s’entretenant avec Dda Akli à propos de cet olivier, on sent chez lui une profonde curiosité à connaître son âge. « Personne ne peut donner son âge. Mes ancêtres l’ont trouvé ici, l’ont exploité, et il continue à donner chaque année généreusement son produit.  » En effet, il continue à rythmer la vie de la famille, refusant de céder à la loi du temps. Une idée originale défendue par da Akli : il tient à faire procéder au carottage de l’olivier pour permettre sa datation et connaître son âge. Pour cela, il en appelle aux services techniques spécialisés ou bureaux d’études pour étancher sa curiosité dans ce sens. En outre, da Akli tient à rendre hommage à ses ancêtres qui ont su transmettre de main en main à travers les générations ce précieux héritage et perpétuer un patrimoine considéré comme étant la fierté de la famille et du village.

Amar Naït Messaoud