Le projet de marché couvert à l’abandon

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Aussi bien les marchands que les clients affirment qu’il s’est nettement dégradé. Samedi, jour de marché hebdomadaire, il est difficile de se frayer entre les étals en raison de l’exiguïté des lieux. Certains marchands de fruits et légumes ou de vêtements trouvent le moyen de s’installer sur la route principale qui traverse la ville.

A quand un marché digne de ce nom pour ce chef-lieu de daïra ? Car, il faut dire que le marché de Tizi-Gheniff n’est pas fréquenté seulement par les citoyens de la municipalité, mais aussi par ceux des villes limitrophes, Draâ El Mizan et Chabet El Ameur. “Souk Sebet” (marché du samedi) est connu bien avant la guerre de Libération nationale.

C’est ici que se rencontraient les premiers noyaux du mouvement national.

Alors qu’après l’Indépendance, les émigrés qui venaient passer leurs vacances au bled s’y rencontraient pour s’échanger les nouvelles “des uns et des autres”, nous a expliqué un quinquagénaire d’Ath Itchir qui ne rate jamais ce marché hebdomadaire bien qu’il soit fatigué.

Non seulement, ce terre-plein, s’il convient de le nommer ainsi, est un espace pour les fruits et légumes, mais aussi une autre partie sert de marché aux bestiaux.

En tout cas, c’est le samedi, que cet espace paraît tellement encombré qu’on ne peut bouger. Si nous évoquons la promiscuité de ce marché, on ne peut oublier de relater l’histoire de ce projet de marché couvert resté à l’abandon depuis près d’une dizaine d’années.

Au milieu de cet espace, l’exécutif communal issu des locales de 1997 avait lancé un marché couvert. Idée géniale, mais malheureusement, après que l’enveloppe financière, dégagée à cet effet, eut été consommée, il n’y eut aucune suite. “Nous avons essayé de continuer le projet,mais l’enveloppe ne fut jamais réévaluée”, nous a confié un ex-élu ayant fait partie de l’exécutif bloqué durant cinq ans.

Depuis 2002, trois exécutifs se sont succédé à la tête de cette municipalité, mais rien ne pointe à l’horizon. Lors de la visite d’un wali avant les élections de novembre 2007, les autorités locales lui avaient exposé le problème. Il aurait été décidé de relancer ce projet en le transformant en locaux commerciaux pour les jeunes chômeurs, mais jusqu’au jour d’aujourd’hui, rien n’est encore fait. Et pourtant, cet endroit situé au centre-ville pourrait sans doute relancer l’activité commerciale dans cette municipalité dont l’essor n’est pas un vain mot. A quand donc un autre marché doté de toutes les commodités et à quand aussi la relance de ce projet occupant une place importante du site ?

Pour le moment, les poteaux en béton sont là, témoins d’un abandon qui dure.

Amar Ouramdane

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