Alors que les rigueurs de l’hiver, ces derniers jours, sont au plus bas du baromètres des délinquants sans aucun scrupule n’ont rien trouvé de mieux à faire — pour se procurer un peu d’argent, qui leur servira certainement à se payer quelques joints de haschich — que de s’attaquer à une petite école primaire, plus précisément à celle qui porte le nom de l’illustre chahid Ouarzedine Achour.
Celui-là même qui, la nuit du premier Novembre 1954, est descendu de M’kira, avec d’autres militants, pour annoncer aux colons qui habitaient Tizi Gheniff que le glas a sonné pour eux.
Ces délinquants, qui ont subtilisé deux appareils de chauffage des classes laissant ainsi leurs petits frères et sœurs grelotter, savent pertinemment que Ouarzedine Achour et tous les martyrs ont souffert bien plus qu’eux mais ne volaient pas leurs familles et proches pour se payer des joints, ils s’étaient élevés contre le colonialisme avec toute sa puissance et sa férocité pour lui dire qu’ils pouvaient l’abattre avec l’aide de Dieu et leur sacrifice. « Ces délinquants n’iront pas loin car commettre un vol dans un établissement qui porte le nom d’un chahid, c’est déjà un sacrilège. Il faut savoir que même s’il n’y a aucun gardien, il y a d’abord ce chahid qui, comme cela est écrit dans le Saint Coran, est toujours vivant donc, gardien jour et nuit de son établissement. Nous ne pouvons que condamner un tel acte qui n’est pas le fait des enfants de Tizi Gheniff. C’est une question de nif, d’honneur ! », nous diront plusieurs citoyens en apprenant ce vol.
Essaïd N’Aït Kaci
