La sardine à cent soixante-dix dinars

Pour cette saison hivernale, le prix de la sardine connaît une hausse très sensible. En effet, quelques poissonniers, au nombre de trois, expliquent ces prix exorbitants par le fait que la pêche est difficile en raison des tempêtes successives de ces derniers mots. « S’il y a quelques mois, j’écoulais jusqu’a six ou sept cageots de sardines par jour, aujourd’hui, même pas deux cageots », nous a confié un des poissonniers. Et d’ajouter : « Les clients ne peuvent plus s’offrir un kilo de sardines à cent cinquante dinars voire cent soixante-dix dinars. C’est vraiment cher.  » Effectivement, peu de pères de famille achètent ce poisson, recommandé pour la santé et la croissance des enfants. « On n’arrive pas à comprendre cette situation, pourtant notre pays dispose de ressources halieutiques très importantes. Un salarié ne peut vraiment se permettre d’acheter ce produit à des prix pareils », s’est exclamé un client devant les étals du poissonnier de la place du marché. Même le livreur n’en dit pas beaucoup à ce sujet. « Tout va avec l’offre et la demande. C’est la loi du marché. Il ne faut pas oublier que parfois, on se déplace jusqu’à Boumerdès pour revenir bredouille », nous a répondu le livreur qui ajoute ne pas gagner beaucoup dans l’affaire. Car, enchaînait-il, il ne rapporte pas la quantité nécessaire pour rentabiliser sa journée. « Il faut faire deux voyages ou même trois pour avoir le même bénéfice que du temps où la sardine abondait », conclut notre interlocuteur. Les amateurs de la sardine attendent tout de même chaque matin l’arrivage dans l’espoir de voir peut être le prix baisser, mais en vain. « Pour consommer du poisson, il faut attendre l’été. Maintenant, c’est devenu un produit de luxe », nous dira un cadre moyen.

A. O.