Un marché sans contrôle

Tout semble être permis au marché « Bessami » : manque d’hygiène, hausse des prix et concurrence déloyale de la part de ces « trabendistes » en alimentation générale, très générale.

A propos justement de cette concurrence déloyale force est de constater que le commerçant, celui qui paye ses impôts et détient un registre de commerce, est le premier à être pénalisé. En effet, parce que la marchandise proposée par le « commerce informel » défie largement les prix affichés par le commerce réglementé, ce dernier est tout naturellement boudé par une clientèle alléchée par des prix plus ou moins à sa portée. La différence du prix du même produit est due au fait que ces « trabendistes » s’approvisionnent chez des grossistes, lesquels bien sûr ne les déclarent pas systématiquement au fisc. Ainsi, le trabendiste revoit à la baisse les prix qui, bien entendu, rattrapera sur le volet impôt qu’il ne paye pas. Situation qui « neutralise » le commerçant légaliste.

En plus de cela, une petite virée aux « espaces » commerciaux du souk nous permet de constater amplement le degré de délaissement qui y règne. Exposés aux quatre vents, et quelle que soit la saison, des paniers de pains et des caisses de produits laitiers et gazeux sont présentés à même le sol à la vue des citoyens et des autorités, à l’extérieur même du marché.

Certains bouchers ne manquent pas à cette triste tradition : Ils exposent à leur tour les têtes de « bouzelouf » et les volailles devant les portes de leurs boucheries, mais les exposent aussi aux quatre vents, sur des étals « implantés » à l’air libre notamment les vendredis. Par ailleurs, l’absence du contrôle de la qualité du produit et l’inexistence de la vérification de la conformité des produits aux normes permettent à certaines de commercialiser des marchandises dites Taiwan, notamment les produits cosmétiques. Des labels côtés que l’on vous cède au marché pour un prix d’un kilo de piment vert en pleine saison. Mais le plus dramatique est la qualité du produit : il représente le plus souvent un danger pour le consommateur qui après coup regrette de s’être laissé prendre en constatant que finalement le contenu du produit qu’il a payé ne correspond pas à celui de l’emballage.

B. B.