« Je trancherai ce lundi »

La Dépêche de Kabylie : 24 heures après votre arrivée à Béjaïa et après une première entrevue avec les dirigeants du club ; est-ce que votre décision quant à votre engagement est prise ?

Jean-Yves Chay : Non pas encore. Je dois encore voir de plus près certaines choses. Je dois également avoir d’autres discussions avec les dirigeants.

Je pense que 24 heures ne sont pas suffisantes pour pouvoir prendre une décision que je juge très importante. D’ailleurs, nous nous sommes entendus, moi et Boualem Tiab, sur un timing de trois jours, donc ma réponse définitive, vous l’aurez lundi (NDLR : Aujourd’hui).

Vous avez néanmoins, à présent, une meilleure idée sur le club, ses moyens, son environnement…

Bien évidemment. Avant tout, je tiens à remercier toute l’équipe dirigeante pour l’accueil chaleureux qu’elle m’a réservé, puis comme prévu, j’ai fait le tour, avec les dirigeants, des infrastructures, des conditions de travail et surtout des perspectives avec les dirigeants pour faire progresser le club dans la hiérarchie du football national.

Quelles sont vos premières conclusions par rapport à cela ?

Dans un premier temps, je dirais que dans l’ensemble la situation est acceptable, il y a beaucoup de progrès au niveau des infrastructures mais il y a des choses à améliorer aussi bien au niveau des conditions d’entraînement qu’au niveau de l’aire de jeu. J’ai constaté que la pelouse du stade n’est pas en bon état.

Revenons, si vous le voulez bien, sur vos premiers contacts avec Boualem Tiab…

Les premiers contacts remontent à la semaine dernière. J’ai rencontré le président Boualem Tiab à Marseille grâce à un ami commun.

Qu’est-ce que vous vous êtes dit exactement ?

Il m’a d’abord présenté le club et surtout ce qu’il voulait en faire ; le cap qu’il souhaitait lui faire franchir. Il m’a expliqué qu’après avoir emporté la Coupe d’Algérie, il aspirait à donner une autre dimension au club. Bien figurer en championnat et aller le plus loin possible en coupe de la CAF. Cela m’a bien motivé pour lui donner mon accord de principe car j’estime que cela représente un excellent challenge.

Mais malgré votre motivation, vous vous montrez prudent. Vous lui avez tout de même demandé un temps de réflexion et une inspection des lieux…

Je ne connaissais pas Béjaïa. Je ne connais que très peu le club, deréputation seulement. J’ai préféré avoir moi-même une meilleure idée sur le club et son environnement.

Le président était d’accord pour que je me rende sur les lieux pour pouvoir vérifier certaines choses et me rendre compte par moi-même de la situation.

Et vous dites que cela ne vous a pas suffi pour vous décider encore ?

Les choses doivent se faire en heure et en temps, tranquillement et sereinement. On ne doit en aucun cas se décider dans la précipitation.

Nous avons appris, tout à l’heure, de la bouche du président de section Zahir Tiab que les négociations ont été déjà entamées et que vous vous êtes même entendus sur la durée du contrat qui est de 18 mois…

Officiellement rien n’a été tranché encore mais nous avons eu certes une première discussion sur ce volet et si jamais les choses se concrétisent, ça sera sur cette base-là, c’est-à-dire un contrat d’une durée minimum de 18 mois avec possibilité de prolongement d’une année.

Qu’en est-il du volet financier ?

On n’en a pas encore discuté mais ça se fera plus tard. Il y a bon nombre de choses à régler au préalable.

Abordons, à présent, un autre volet. Avez-vous une idée sur l’effectif de la JSMB ?

à vrai dire, je suis resté à l’écoute du football algérien en général. J’ai eu l’occasion de voir à la télévision la finale de la Coupe d’Algérie gagnée par la JSMB face à Tlemcen.

Cette année, j’ai vu le match face à Blida en Coupe d’Algérie également en plus des séquences de la finale face à l’ES Tunis en Coupe nord-africaine. Je pense que si on se réfère à la prestation de l’équipe en deuxième mi-temps face aux Tunisiens, je dirais qu’elle est en mesure de jouer un bon football de manière cohérente.

Si vous prenez en main les destinées techniques du club bejaoui, vous retrouverez Brahim Zafour, un joueur que vous connaissiez assez bien à la JSK …

Zafour s’est toujours comporté en homme responsable. Je pense qu’il est important d’avoir un garçon comme lui dans le groupe.

Malgré une deuxième moitié de la phase aller peu reluisante, la JSMB a quand même pu terminer à la deuxième place. Si jamais vous êtes engagé, l’objectif sera certainement de faire mieux ou à défaut préserver cette deuxième place.

Qu’en pensez-vous ?

On devra faire en sorte de maintenir l’équipe à ce niveau-là mais c’est sur le terrain que ça se passe. Si les joueurs veulent, je pense qu’il y a moyen de maintenir l’équipe parmi les quatre ou trois premières places comme l’avaient souhaité les dirigeants.

L’élimination prématurée de l’équipe en Coupe d’Algérie impose, à présent, une place sur le podium en championnat. Cela risque de mettre un peu plus de pression sur l’équipe à l’avenir. Comment comptez-vous gérer cela ?

Un footballeur de haut niveau doit savoir vivre cette pression. On ne doit pas prendre uniquement son côté négatif. Elle pourrait aussi servir de stimulant et pousser les joueurs à se surpasser pour réaliser le vœu de leurs supporters.

La JSMB prendra part également à la coupe de la CAF en mars prochain. Les ambitions du club sont de faire beaucoup mieux que l’année dernière. C’est un challenge intéressant, n’est-ce pas ?

Je pense qu’il faut d’abord avoir une idée sur notre prochain adversaire…

ça sera fort probablement un club sénégalais…

Le football sénégalais n’est plus à présenter mais je pense qu’il faut connaître les potentialités de cette équipe et c’est à partir de cela qu’on pourrait penser à la possibilité de se qualifier pour le prochain tour.

Après deux expériences à la JSK, vous voilà de retour en Kabylie…

Je suis content de retrouver l’Algérie et la Kabylie en particulier mais disons que c’est différent, c’est une autre sensation pour moi.

Comment ?

La JSK est passée au sommet de la hiérarchie du football algérien depuis plusieurs années alors que la JSMB commence à émerger au niveau du football national. Donc pour moi, c’est un challenge d’une autre nature.

Qu’avez-vous gardé comme souvenir de vos deux passages à la JSK ?

Un bon nombre de belles choses mais je me résume en évoquant les deux titres, le championnat et la coupe de la CAF, et d’avoir propulsé une équipe rajeunie en poules de la Champion’s league africaine.

Vous avez entre-temps eu une expérience au Maroc avec le Raja de Casablanca : Quelle comparaison pourriez-vous faire entre le football des deux pays ?

La différence se situe essentiellement au niveau des infrastructures. Pour ce qui est du football, je pense qu’il se rapproche beaucoup, même si je reconnais que le football marocain est beaucoup plus technique mais avec moins d’engagement que le football algérien.

Entretien réalisé par A. Kaci