« Nous étions tombés très bas. Beaucoup ont vu leurs marges bénéficiaires laminées et leurs revenus partir en lambeaux.
Heureusement que la situation a fini par se stabiliser », nous dit un « cambiste » de la place, qui a pignon sur rue.
Flairant le filon, une pléthore de spéculateurs se sont découverts une vocation de cambistes de fortune, en s’adonnant chaque jour que Dieu fait au jeu d’anticipation du cours de la devise européenne.
Ce commerce interlope met quotidiennement en jeu de grosses sommes d’argent. Avec une étroite marge bénéficiaire, résultant du différenciel entre le cours à l’achat et le cours à la vente, certains marchands de la devise avouent empocher de substantielles plus-value, quand le marché est soutenu par un volume consistant de transactions.
« ça nous arrive de réaliser des bénéfices confortables, surtout si les opérations mettent en jeu de grosses liasses, mais il n’est pas rare de nous contenter de miettes, quand les gros bonnets d’Alger et de Setif, nous imposent des marges très serrées », nous confie Md Ameziane, qui nous dit être dans le créneau depuis des années. Valeur vedette de cette bourse informelle, l’euro consolide sa place de valeur refuge, détrônant ainsi le dollar américain, en perte de vitesse. L’euro se négocie à présent à 118 dinars, l’un de ses plus hauts niveaux depuis son entrée en vigueur le 1er janvier 2002. Ce taux de change parallèle, qui est proche du cours officiel pratiqué par les banques commerciales, dont le taux pivot se situe aux alentours de 95 DA, avec une fourchette de fluctuation de quelques dinars, est considéré par les experts de la finance comme reflétant le mieux l’état de santé de l’économie algérienne et donc la véritable place du dinar sur le marché financier.
Lentement mais sûrement, le dinar poursuit sa dépréciation et perd progressivement de son pouvoir d’achat. A la croisée des chemins entre le très dogmatique taux indexé, pratiqué par le passé et le taux de change flottant, propre… aux fluctuations libérales, la cotation du dinar obéit à des impératifs à la fois structurels et conjoncturels mais continue de subir la loi du marché informel.
N. Maouche
