Une pluviométrie précoce et suffisante a succédé à un été torride et sec. Les fruits ne demandaient qu’un peu d’humidité pour prendre cette couleur rose puis noire, signe de murissement du fruit.
Les paysans, tous unanimes à pronostiquer une production record d’olives, avaient hâte de se mettre au travail. Et dès début novembre, on commença le ramassage des premiers fruits tombés à terre sous l’effet de la pluie et du vent. Les huileries déjà prêtes et flairant la bonne saison avaient très tôt ouvertes leurs portes pour accueillir la clientèle pressée de goûter à la première huile de l’hiver, cette huile au goût si particulier pour les fins connaisseurs ! Mais très vite, ces huileries se retrouvent débordées et incapables de triturer toutes les quantités entreposées. Le paysan déjà confronté à une véritable course contre la montre pour essayer de ramasser sa production dans les rares journées ensoleillées de cet hiver pluvieux, une fois récoltée dans le froid et l’humidité, cette production risquait de pourrir dans les huileries avant d’être transformée en huile.
Les propriétaires travaillant 24 heures sur 24 heures ne pouvant suivre la cadence imposée par la surproduction ! Il faut relever que pour toute la daïra, les unités se comptent sur les doigts d’une seule main. Très récentes et modernes, elles ont remplacé les anciennes huileries traditionnelles à traction animale ou manuelle qui ont disparu les unes après les autres sous l’avancée de l’énergie électrique. Sans que leur nombre ne se réduit, puisque les années de bonne récolte suffisent à absorber toute la production locale d’olive.
Bouammar Ahmed
